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Un premier six mois convaincant pour Projet Montréal

Un premier six mois convaincant pour Projet Montréal
Photo Dario Ayala, Agence QMI

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Il y a six mois aujourd’hui, l’équipe de Projet Montréal remportait une victoire étonnante à la course à la mairie de Montréal. Depuis le 5 novembre, la «mairesse de la mobilité» dessine à grande vitesse sa vision de Montréal. Hormis l’épisode budgétaire, Mme Plante passe à l’action. L’opposition officielle tente d’y trouver sa place avec peu de succès jusqu’à présent.

Vitesse grand V pour la mobilité

Elle l’a répété en campagne, redit une fois élue, Valérie Plante sera la «mairesse de la mobilité». Les Montréalais de tous les quartiers pourront espérer être mieux desservis en offre de mobilité. Prenons l’exemple des véhicules en libre-service. Enfin! diront certains! Ils s’étendront au centre-ville et ailleurs à Montréal. Solution simple et économique, appréciée des citoyens, la résistance de M. Coderre était incompréhensible. Un autre geste fort, le lancement de l’appel d’offres pour l’acquisition de 300 autobus hybrides dès les premières semaines au pouvoir. Ces autobus ne seront pas sur les routes demain matin, mais la commande est lancée. C’est un rythme d’annonces en transport qui plaît.

On sent l’équipe de Projet Montréal pressée de passer à l’action sur plusieurs fronts qui forgent son identité politique. Verdissement du centre-ville par des propositions audacieuses de partenariats avec les institutions publiques, plan vélo en préparation, appui financier aux familles en matière d’habitation, stratégie d’inclusion de 20% de logements sociaux et abordables et de typologie familiale dans les projets immobiliers à venir à l’été, ces actions sont en phase avec leur programme, ne feignez pas la surprise.

Ils surprennent où ils étaient moins attendus. Il fallait voir lors de l’annonce du scénario renouvelé pour la rue Sainte-Catherine, l’accueil unanime par le milieu des affaires de cette vision pour le centre-ville. Le dévoilement de la Stratégie de développement économique 2018-2022, la mise sur pied du Comité consultatif sur le commerce de détail ajoutent des points à leur feuille de route économique. Dans ces trois exemples, l’administration lie avec adresse l’aménagement du territoire montréalais et le développement économique, l’investissement sur le domaine public comme levier à l’investissement privé. Ces stratégies s’avèrent beaucoup plus intéressantes, bien que parfois plus subtiles, que les poignées de mains.

Mettre Montréal sur la «map»

M. Coderre a assurément ouvert la voie à un positionnement de Montréal à l’échelle mondiale et la métropole bénéficie de retombées telles que l’augmentation de vols internationaux directs. Avec un bémol toutefois: les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) lors de rencontres internationales devront avoir leur pendant en fait de solutions locales lors du retour à la maison. L’équipe de Mme Plante a le courage de faire cette besogne depuis six mois. Cela veut dire remettre en question les modèles hérités d’un autre siècle, notamment la sacro-sainte place faite à l’auto-solo dans la ville malgré les impacts négatifs largement connus sur l’environnement, sur la santé et sur l’économie d’un tel modèle de développement urbain. Mme Plante l’assume, elle ne sera pas la mairesse du statu quo. On peut se réjouir du projet-pilote sur le mont Royal de redonner cet espace vert aux citoyens. Paris retire les voitures des berges de la Seine au profit de la vie citoyenne animée. New York sort les voitures de ses grands parcs emblématiques. Montréal emboîte le pas afin de rejoindre le peloton de tête des villes durables.

Un départ entaché et des zones floues

L’épisode de la hausse des taxes combinées ne s’effacera pas de sitôt. Sur la forme, il est vrai que la tournure de l’annonce n’était pas la bonne. Sur le fond toutefois, les motifs à la hausse de la taxe sur l’eau sont louables et le déficit d’entretien des infrastructures bien réel. L’administration de Mme Plante n’échappera pas à la tyrannie des taxes foncières comme l’écrivait mon collègue Maxime Pelletier. Sachant cela, la liste d’épicerie en vue des élections provinciales devra comprendre pour la énième fois la fiscalité municipale et les nouvelles sources de revenus pour les villes.

Reste que certains sujets chauds qui animent le débat public happent aussi la mairesse. Les questions d’identité et des signes religieux dans la fonction publique ou dans le corps policier représentent une ligne sensible pour la mairesse, dont les positions sont au demeurant assez floues. D’autres décisions soulèvent des questions sur le plan des priorités. Était-ce si pressant dès décembre 2017 de suspendre les articles du règlement du contrôle animalier visant les pitbulls?

Un rôle difficile pour l’opposition officielle

Certes l’Opposition joue son rôle de chien de garde depuis 6 mois. Au-delà de ce jeu politique, Ensemble Montréal devra convaincre à terme les Montréalais de sa substance. La position est délicate; ces élus ont le défi de se définir comme nouvelle formation politique tout en portant l’héritage du maire sortant. Devant la force de l’identité politique de Projet Montréal, le réflexe semble être de se positionner «anti-Projet Montréal», à preuve la cabale difficilement justifiable contre le projet-pilote sur le chemin Camilien-Houde où M. Perez sort l’épouvantail de l’anti-voitures.

De ces six premiers mois à la barre de la métropole, on sent l’équipe de la mairesse convaincue de ses idées et de ses actions pour Montréal et, somme toute, convaincante.