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Une danse pour la Fête de l'arbre

3 mai 1957

Une danse pour la Fête de l'arbre
Photo Ben Pelosse

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La jeunesse de l’avenue Morgan

Une danse pour la Fête de l'arbre
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM105-Y-3_226-04.

Ces jeunes gens ne semblent pas danser du rock’n’roll ! Chose certaine, ils se trouvent devant l’école primaire Maisonneuve, sur l’avenue Morgan. À l’époque, on dit qu’on peut faire toute sa scolarité sur la même rue ! On y trouve en effet des écoles primaire et secondaire. L’avenue Morgan est peut-être la plus chic du secteur, mais Maisonneuve est bel et bien un quartier ouvrier. Il tranche alors avec le projet d’origine de faire de la ville le Westmount de l’est. La rue Morgan emprunte son nom – comme c’est souvent le cas – à un homme d’affaires propriétaire, Henry Morgan, fondateur du grand magasin qu’on voit encore rue Sainte-Catherine, sous la bannière de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Au début du XXe siècle, les développeurs canadiens-français donnent le nom de « ferme Morgan » au projet domiciliaire installé sur les anciennes terres de l’homme d’affaires.

La Fête de l’Arbre, 3 mai 1957

Une danse pour la Fête de l'arbre
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM105-Y-3_226-05.

À voir les spectateurs bien enveloppés dans leurs manteaux, il semble faire encore un peu frais... Mais le printemps est bel et bien là : la terre est assez meuble pour planter de jeunes pousses. La fête de l’Arbre, un peu moins courante de nos jours, est en fait enchâssée dans la loi québécoise depuis 1882 ! Elle s’inspire de la tradition du Arbor Day, initiée aux États-Unis en 1872. On veut alors verdir les villes et redonner aux citoyens une relation avec la nature. Dans Maisonneuve, 75 ans plus tard, c’est l’occasion de tenir une fête populaire et de convoquer fanfare, dignitaires et spectacle de folklore. Même le grand magasin Eaton, sur la rue Sainte-Catherine installe une vitrine spéciale pour l’occasion. Planter un arbre est un geste symbolique fait pour les générations futures, et l’arbre planté en ce 3 mai 1957 verdit encore aujourd’hui la façade de l’école Maisonneuve.

La City Beautiful des frères Dufresne

Avant d’être un quartier montréalais, Maisonneuve est, à la fin du XIXe siècle, le projet de ville indépendante d’hommes d’affaires francophones, propriétaires des terrains du secteur. Parmi eux, les frères Dufresne, qui veulent bâtir une cité pour la classe moyenne et la bourgeoisie francophone. Ils sont inspirés par un mouvement d’urbanisme nommé City Beautiful, « la ville magnifique », où il faut offrir aux citoyens des services modernes, dans un environnement urbain réfléchi et conçu pour leur confort. On aménage donc beaucoup de bâtiments qui font encore aujourd’hui le charme du quartier et qui portent presque tous leur nom : un bain public, un marché, une bibliothèque, entre autres innovations. Le rêve des Dufresne prend fin avec les contrecoups de la Première Guerre mondiale : la situation économique change et Maisonneuve doit fusionner à Montréal en 1918. Le secteur, qui ne perd pas ses beaux atours, accueillera alors de nombreuses familles ouvrières venues travailler dans les usines de certains de ces messieurs.

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