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Barack Obama condamne la décision de Trump sur l'Iran

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AFP

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Washington | L’ancien président américain Barack Obama a qualifié mardi de «grave erreur» la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, jugeant qu’elle pourrait nuire à la crédibilité des Etast-Unis dans le monde.

«Je pense que la décision de mettre le JCPOA en danger sans aucune violation de l’accord de la part des Iraniens est une grave erreur», a indiqué l’ex-président américain, très discret depuis son départ de la Maison-Blanche, dans un communiqué au ton particulièrement ferme.

Sans cet accord, signé en 2015 à l’issue de près de deux années de négociations internationales, «les États-Unis pourraient in fine se retrouver face un choix perdant entre un Iran doté de l’arme nucléaire ou une autre guerre au Moyen-Orient», met-il en garde.

«La réalité est claire », martèle-t-il. L’accord, qui est «un modèle de ce que la diplomatie peut accomplir», fonctionne et «est dans l’intérêt de l’Amérique», explique-t-il, déplorant une décision qui revient à tourner le dos aux «plus proches alliés de l’Amérique».

«Dans une démocratie, il y aura toujours des changements de politiques et de priorité d’une administration à l’autre», reconnait le 44e président des États-Unis. «Mais bafouer de façon systématique les accords auxquels notre pays est parti risque d’éroder la crédibilité de l’Amérique», ajoute-t-il.

«Les débats dans notre pays devraient se baser sur les faits», écrit-il encore dans une pique à son successeur républicain.

Donald Trump a annoncé le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l’engagement pris par l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire.

«Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge», a-t-il martelé lors d’une allocution depuis la Maison-Blanche.

DES RÉACTIONS À TRAVERS LE MONDE

Paris, Berlin et Londres veulent continuer à appliquer l’accord

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La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni se sont dits «déterminés» à continuer à appliquer l’accord nucléaire iranien, dont les États-Unis viennent de se retirer, tout en travaillant à en négocier un nouveau, plus large, ont annoncé les trois pays mardi.

«Nous resterons parties au JCPoA» (acronyme de l’accord) déclarent dans ce communiqué commun Emmanuel Macron, Theresa May et Angela Merkel. «Nos gouvernements restent déterminés à assurer la mise en oeuvre de l’accord et travailleront à cet effet avec les autres parties qui resteront engagées», disent-ils, en «maintenant les bénéfices économiques» au profit de la population iranienne.

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Par ailleurs, l’Union européenne a affirmé être «déterminée à préserver» l’accord nucléaire iranien et «regrette» la décision du président américain Donald Trump de s’en retirer, a déclaré mardi soir à Rome la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Le Plan d’action conjoint (JCPOA, le nom officiel de l’accord nucléaire iranien) «répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires, l’Union européenne est déterminée à le préserver», a estimé Mme Mogherini, lors d’une brève déclaration à la représentation de la Commission européenne à Rome.

«Ne laissez personne démanteler cet accord. C’est l’une des plus belles réussites jamais réalisées de la diplomatie, et nous l’avons construite ensemble», at-elle exhorté, en s’adressant aux dirigeants et citoyens iraniens.

«Restez fidèles à vos engagements et nous resterons fidèles aux nôtres. Et ensemble, avec le reste de la communauté internationale, nous préserverons cet accord nucléaire», a insisté l’Italienne.

En outre, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères s’est dite «particulièrement inquiète» de l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran par le président Trump.

«La levée des sanctions liées au nucléaire est une part essentielle de l’accord. L’UE a souligné maintes fois que la levée de ces sanctions a eu un impact positif sur les relations commerciales et économiques avec l’Iran, y compris en apportant des bénéfices cruciaux au peuple iranien», a plaidé Mme Mogherini.

«L’UE est déterminée à agir conformément à ses intérêts sécuritaires et à protéger ses investissements économiques», a répondu la cheffe de la diplomatie européenne.

Netanyahu «soutient totalement» la décision «courageuse» de Trump

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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit mardi «soutenir totalement» le retrait américain de l’accord nucléaire avec l’Iran, tandis que la partie du Golan occupée par Israël était placée en état d’alerte élevé devant l’éventualité d’une attaque iranienne venue de Syrie.

Au moment où le président américain Donald Trump annonçait sa décision jugée «courageuse» et «historique» par M. Netanyahu, l’armée israélienne a indiqué avoir demandé aux autorités locales du plateau du Golan occupé d’ouvrir et de préparer les abris antimissiles en raison «d’activités inhabituelles des forces iraniennes en Syrie», de l’autre côté de la ligne de démarcation.

Israël a déployé des systèmes de défense et placé ses forces «en état d’alerte élevé face au risque d’une attaque», a dit l’armée israélienne, joignant à son communiqué une vidéo de batteries antimissiles en cours d’installation et d’appareils de guerre en phase de décollage et d’atterrissage, avec ce qui ressemble au Golan en toile de fond.

Rien ne permettait de vérifier l’imminence ou non d’une menace alors qu’Israël dit depuis des semaines être prêt à une possible attaque iranienne venue de Syrie, probablement sous la forme de tirs de missiles, en représailles à des récentes frappes attribuées à Israël en Syrie, dans lesquelles des Iraniens ont été tués.

«Riposte vigoureuse»

La télévision a fait état du rappel de réservistes de l’armée de l’air, des renseignements et de membres de la protection civile. L’armée s’est contentée de confirmer un rappel partiel de réservistes.

Les excursions d’élèves ont été annulées dans le Golan, dont Israël a annexé les 1200 kilomètres carrés capturés en 1967.

«L’armée israélienne est prête à faire face à différents scénarios et prévient que toute agression contre Israël appellera une riposte vigoureuse», a-t-elle mis en garde.

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a indiqué sur Twitter s’être entretenu avec son homologue américain Jim Mattis et l’avoir informé de la situation.

Le plateau du Golan est en proie depuis des semaines à de vives tensions avivées par les incertitudes autour du sort de l’accord nucléaire iranien.

Deux opérations imputées à Israël en Syrie les 9 et 29 avril et dans lesquelles de nombreux Iraniens auraient été tués ont fait craindre une escalade autour du théâtre syrien. L’Iran a promis que ces attaques ne resteraient pas sans réponse.

Israël, réputé première puissance militaire et seule puissance nucléaire de la région, ne cesse de proclamer qu’il ne permettra pas à l’Iran de se servir de la Syrie comme tête de pont contre lui, et notamment d’y installer des sites de production ou de lancement de missiles à guidage de précision.

L’Iran est, avec son allié libanais du Hezbollah, autre ennemi d’Israël, et avec la Russie, l’un des soutiens du régime syrien de Bachar al-Assad.

C’est dans ce contexte que le président Trump a annoncé le désengagement de son pays de l’accord nucléaire signé en 2015 par les grandes puissances et la République islamique.

«Recette d’un désastre»

«Israël soutient totalement la décision courageuse prise aujourd’hui par le président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire avec le régime terroriste de Téhéran», a dit M. Netanyahu, apparaissant en direct sur la télévision publique quelques secondes seulement après la déclaration de M. Trump.

Le premier ministre israélien, dont le pays se voit comme la cible désignée d’un Iran doté de l’arme nucléaire, est l’un des plus ardents détracteurs de l’accord de 2015.

L'Arabie saoudite «soutient et salue» la décision de Trump

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L’Arabie saoudite, rival régional de l’Iran et grand allié des États-Unis, a dit mardi qu’elle «soutenait et saluait» la décision du président américain Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien.

«Le royaume soutient et salue les démarches annoncées par le président américain en vue d’un retrait de l’accord nucléaire (...) et du rétablissement des sanctions économiques contre l’Iran», a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait de son pays de l’accord historique sur le nucléaire iranien signé en 2015 entre l’Iran et six grandes puissances.

Ryad accuse Téhéran de «tirer profit des revenus générés par la levée des sanctions pour déstabiliser la région», selon le ministère des Affaires étrangères.

L’Arabie saoudite et l’Iran, deux poids lourds du Moyen-Orient, sont à couteaux tirés depuis des années. Les deux pays soutiennent notamment des camps opposés en Syrie, au Yémen et au Liban.

Ankara craint de «nouveaux conflits» après la décision de Trump

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La décision prise par Donald Trump de retirer «unilatéralement» les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien risque d’ouvrir la voie à de «nouveaux conflits», a mis en garde mardi la Turquie, acteur clé du Proche-Orient.

«Le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le nucléaire est une décision qui va causer de l’instabilité et de nouveaux conflits», a déclaré sur Twitter le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin.

«La Turquie va continuer de s’opposer avec détermination à tous types d’armes nucléaires», a ajouté le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan.

Acteur clé du Proche-Orient, la Turquie entretient des relations ambiguës avec l’Iran : en dépit d’une méfiance réciproque héritée de leur rivalité pluriséculaire, ces deux puissances régionales s’efforcent d’avoir des rapports pragmatiques.

Les deux pays frontaliers multiplient ainsi les efforts pour développer leurs échanges commerciaux et touristiques, et coopèrent sur le dossier syrien où ils soutiennent pourtant des camps opposés.

Dans le même temps, Ankara, membre de l’OTAN, entretient des rapports compliqués avec Washington en raison notamment de différends sur la Syrie.

La Syrie condamne la décision de Trump qu’elle qualifie d’«agression»

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Photo Archives / AFP

La Syrie a «condamné avec force» l’annonce du retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, affirmant sa «totale solidarité» avec Téhéran et sa confiance dans la capacité de l’Iran à surmonter l’impact de la «position agressive» de Washington.

Damas «condamne avec force la décision du président américain sur le retrait de l’accord nucléaire avec l’Iran, qui montre une nouvelle fois que les États-Unis ne respectent pas leurs engagements et les accords internationaux», a indiqué une source officielle des Affaires étrangères syriennes citée par l’agence officielle Sana.

Elle a affirmé «le soutien total (de Damas) avec la République islamique d’Iran (...) et sa confiance dans sa capacité à surmonter l’impact de la position agressive de l’administration américaine qui affecte la sécurité et la stabilité de la région et du monde».

Téhéran est un allié clé du président syrien Bachar al-Assad dans la guerre qui déchire la Syrie depuis 2011.

La Russie «profondément déçue» par la décision de Trump

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La Russie est «profondément déçue» par la décision du président américain Donald Trump de retirer les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, a déclaré mardi le ministère des Affaires étrangères, dénonçant «une violation grossière du droit international».

«Nous sommes profondément déçus par la décision du président américain de sortir unilatéralement» de l’accord et de «rétablir les sanctions américaines envers l’Iran», selon un communiqué du ministère.

«Nous sommes extrêmement inquiets que les États-Unis agissent contre l’avis de la plupart des États (...) en violant grossièrement les normes du droit international», selon le texte.

Selon Moscou, cette décision de Donald Trump «est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington de négocier» et les «griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu’à régler les comptes politiques» avec Téhéran.

La Russie a fait partie du Groupe 5+1 avec les États-Unis, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et Allemagne qui a signé en 2015 avec Téhéran l’accord sur le nucléaire présenté par ses partisans comme le meilleur moyen d’éviter que l’Iran n’obtienne l’arme nucléaire.

«Il n’y a aucune raison pour saper l’accord qui a prouvé son efficacité», souligne la diplomatie russe. «L’Iran respecte strictement ses engagements, ce qui est régulièrement confirmé par l’AIEA» (Agence internationale de l’énergie atomique), selon la même source.

Le Kremlin avait déjà mis en garde Washington contre l’abandon de l’accord, en estimant que cette décision porterait un coup dur au régime de non-prolifération.

Le président russe Vladimir Poutine a visité en novembre dernier l’Iran alors que les deux pays, principaux alliés du régime de Bachar al-Assad, plaident en faveur d’un accord de paix en Syrie.

Moscou et Téhéran entretiennent des relations politiques et économiques étroites. La Russie a construit en Iran un réacteur nucléaire à la centrale de Bouchehr et a lancé des travaux pour deux nouveaux réacteurs.