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Pourvoiries de luxe au nord: Blanchette invite les mécontents à pêcher le saumon au sud

Il réplique au tollé lié à la pêche au saumon du nord

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Photo Simon Clark Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette

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Devant le tollé soulevé par sa décision de confier l’exclusivité de la pêche au saumon du nord à des pourvoiries privées, Luc Blanchette invite les mécontents à taquiner le poisson dans les rivières du sud.

L’accès aux grandes rivières du nord pour la pêche est-il désormais réservé à l’élite ? « Oui, mais les autres Québécois qui veulent s’adonner à cette pêche peuvent aller dans les rivières à saumon du sud du Québec », a laissé tomber le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, mardi lors d’une mêlée de presse.

Le Journal a révélé la semaine dernière la modification réglementaire qui force les pêcheurs à faire affaire avec une pourvoirie pour pêcher dans le nord du Québec, un territoire qui équivaut pratiquement au quart de la superficie du Québec. Ces pourvoiries sont en partie déjà complètes et ont des listes d’attente. Les forfaits offerts frisent les 2000 $ par jour, ce qui inclut le transport.

« Faut comme un peu relativiser, dans le Grand Nord, il faut y aller par aéronefs [...]. On parle de 20 personnes qui montaient dans le nord à la pêche au saumon sans aller dans les pourvoiries », a lancé le ministre Blanchette.

Du même souffle, M. Blanchette indique que cette décision a été prise pour protéger les saumons, pour éviter la surpêche, malgré le petit nombre de pêcheurs. « C’est une question de pouvoir mieux contrôler la ressource », a-t-il ajouté.

Des mécontents

La décision de M. Blanchette a causé la commotion chez la fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, ainsi que Aviateurs Québec. Elle est toutefois appuyée par la communauté inuit et la fédération des Pourvoiries. Une rencontre au sommet aura lieu mercredi entre des représentants du ministère et les mécontents. Luc Blanchette a indiqué qu’il « ne penserait pas » reculer.

Au matin, le président d’Aviateurs Québec a publié une lettre ouverte dans Le Journal où il dénonce ces « clubs select ». « Vous pouvez bien économiser toute votre vie pour vous payer “le voyage de rêve”, il y a fort à parier que vous n’obtiendrez jamais les meilleures périodes et, peut-être même, aucun accès », a-t-il déploré.