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Saint-Laurent, coin de Craig

Les années 1960

Avant Après
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM0105-Y-1_0783-015
Photo Ben Pelosse

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Saint-Laurent, coin Craig

Voilà un carrefour qui en aura vu de toutes les couleurs ! La rue Saint-Antoine, d’est en ouest, s’appelle encore Craig à l’époque, un nom qu’elle garde jusqu’en 1976. Cette artère est une sorte de frontière imaginaire entre le centre-ville et le Vieux-Montréal. La chose était encore plus marquée sous le régime français. En effet, le chemin se trouvait juste à l’extérieur des fortifications de pierre qui se dressaient là. C’est déjà à l’époque un carrefour important. Pendant le régime français, il faut emprunter une porte dans les fortifications pour entrer dans la ville. La porte Saint-Laurent débouche, au sud, sur la rue Saint-Lambert, qui joint alors Notre-Dame et Saint-Jacques. Quant au chemin Saint-Laurent, hors des murs, il permet de traverser presque toute l’île à travers ses campagnes et ses terres agricoles. Le boulevard très développé que l’on voit ici est donc, dès cette époque, l’une des principales artères de la ville qui s’étire vers un horizon presque infini.

À boire et à manger

Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM0105-Y-1_0783-015

Sur le coin nord-ouest, on reconnaît le bâtiment qui abrite aujourd’hui la mission Old Brewery qui vient en aide aux sans-abri depuis 1889. Fondée par Mina Douglas et Eva Findlay à partir d’une modeste soupe populaire, la mission tient son nom de son premier établissement, installé dans une ancienne brasserie. Ici, la mission n’occupe pas encore le bâtiment qu’on voit sur la gauche, alors clairement occupé par... la taverne de Herb ! C’est une activité commerciale populaire dans le secteur, comme on peut le constater sur le coin de rue opposé, lui aussi occupé par un établissement du même acabit. La pharmacie du coin nord-est offre probablement un menu casse-croûte plus consistant. Les quelques messieurs qui traversent Craig viennent peut-être d’aller prendre un sandwich ou un burger-coke avant de rentrer au bureau... On peut aussi y trouver des sundries, un terme générique qui désigne des articles divers. Il fait si beau, on se demande s’ils pouvaient aussi y trouver leurs lunettes fumées !

La trace de la modernité

Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM0105-Y-1_0783-015

On ne devine pas, sur cette photo, la présence de la communauté chinoise qui pourtant est établie dans le secteur depuis longtemps, non loin de là, près de la rue De La Gauchetière. La porte sud aux motifs traditionnels que l’on connaît aujourd’hui est installée dans les années 1990 pour témoigner de l’image du quartier. L’apparence actuelle du coin Saint-Laurent et Saint-Antoine doit aussi beaucoup à la construction, au début des années 1970, de l’autoroute Ville-Marie. Immense aménagement urbain qui facilite les transports routiers modernes, il n’en balafre pas moins la trame urbaine en créant la vaste travée qu’on franchit aujourd’hui comme un obstacle gênant. Aucun des bâtiments du côté est de la rue ne survit à cette époque où l’on roulait dans les deux sens, sur les deux rues. L’autoroute permet aux Montréalais de circuler dans la ville plus rapidement, mais il transforme l’horizon de manière définitive.

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