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Un agent sauve la vie de son partenaire atteint de trois balles

L’homme a reçu hier la plus haute distinction de bravoure pour un policier

policiers honorés
Photo Amélie St-Yves Thomas Tremblay et Jean-Philippe Girard étaient présents hier à Nicolet pour la remise de la Croix de la bravoure.

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NICOLET | Un policier qui a traîné son partenaire atteint par balles sur une trentaine de mètres pour le sauver d’un tireur embusqué a reçu la plus haute distinction qu’un policier puisse avoir pour un geste de bravoure.

Les agents Jean-Philippe Girard et Thomas Tremblay ont été appelés à intervenir sur un cas de violence conjugale, à Salaberry-de-Valleyfield le 3 octobre dernier, vers 21 h.

L’opération devait être routinière, mais un homme caché en haut d’un escalier dans la maison a ouvert le feu sur eux, au moment où l’agent Thomas Tremblay tentait de défoncer la porte d’entrée.

Il a été atteint trois fois. Il a reçu un projectile au flanc gauche, un autre sur sa montre, qui lui a fracassé le poignet et envoyé des éclats dans la jambe, et un sur son gilet pare-balles.

« Je l’ai attrapé par la veste pare-balles. J’ai dégainé de l’autre main et j’ai tiré vers le suspect pour qu’il arrête de nous tirer dessus », rapporte Jean-Philippe Girard, de la Sûreté du Québec, qui a reçu la Croix de la bravoure, hier, à l’école nationale de police de Nicolet.

Il n’arrivait pas à abattre le suspect, car toutes les lumières de la maison étaient éteintes.

Peur de mourir

L’agent Thomas Tremblay ne voyait plus rien de son œil droit, car il y avait reçu trop d’éclats de verre. Il avait beaucoup de sang sur le visage. Il a eu peur d’y laisser sa peau tandis que son partenaire le traînait hors de danger, derrière une camionnette stationnée dans la rue.

« Je pensais avoir reçu une balle dans l’œil et que j’allais mourir. Je voyais noir du côté droit. Jean-Philippe me disait que j’avais encore mon œil, mais j’ai cru qu’il me disait n’importe quoi », relate Thomas Tremblay.

Des voisins se sont occupés du blessé pendant que l’agent Girard est retourné au front pour s’assurer que le tireur ne quitte pas la maison en attendant que les renforts arrivent.

Plus tard dans la soirée, le suspect aurait fait feu à nouveau vers des policiers.

Groupe tactique

Les policiers du groupe tactique d’intervention ont finalement pu entrer dans la résidence vers 2 h du matin. Ils y ont découvert le corps de Johanne Chayer, 65 ans et le principal suspect intoxiqué.

Alain Castonguay, 72 ans, est accusé du meurtre de sa conjointe et de tentative de meurtre sur quatre policiers. Il subira son enquête préliminaire en novembre.

L’agent Thomas Tremblay a subi trois opérations, dont deux à l’œil, et a recommencé à patrouiller en février.

Les deux hommes ne travaillent plus ensemble puisque l’agent Girard a été affecté aux enquêtes, mais ils seraient heureux de faire équipe à nouveau.

Le bébé qu’ils ont sauvé ne criait plus

Des policiers ont craint le pire lorsqu’ils rampaient dans un appartement en feu pour sauver un bébé qui avait arrêté de pleurer.

Marc-André Arpin et Jimmy Hébert ont reçu la Croix de bravoure hier à l’école nationale de police de Nicolet, pour avoir sauvé des flammes le bébé Athéna, 12 mois le 31 août dernier, à Montréal.

Marc-André Arpin<br>
<i>Policier</i>
Photo Amélie St-Yves
Marc-André Arpin
Policier

L’enfant avait été abandonnée dans un logement par sa gardienne quand l’incendie s’est déclenché.

Les policiers qui rampaient au sol étaient guidés par ses cris. Mais à un certain moment, la petite ne criait plus, car elle était en détresse respiratoire.

Deux des policiers qui se relayaient tour à tour dans la chambre de l’enfant en utilisant une corde d’extension pour trouver la porte ont continué malgré tout.

Dans son parc

« C’est sûr que ça m’a passé dans la tête qu’elle était peut-être morte quand elle a arrêté de pleurer, mais on ne pouvait pas abandonner », relate Marc-André Arpin.

La troisième fois qu’il est sorti dans la chambre en fumée, il s’est accoté sur ce qu’il croyait être un parc de bébé. Il est sorti prendre de l’air, couché à plat ventre sur le plancher du salon, puis il a foncé.

« Je suis rentré debout, en courant. Je savais où je m’en allais. J’ai fouillé dans le parc et j’ai fini par la trouver, je suis ressorti en criant “je l’ai !” », rapporte M. Arpin.

Son collègue, Jimmy Hébert, était sur le plancher du salon à ce moment-là.

« C’était un méchant soulagement. J’ai de jeunes enfants et ça aurait été dur de vivre avec ça si on ne l’avait pas sortie », déclare-t-il.

Pas seuls

Les deux hommes soulignent que leur commandant, Patrick Bigras, était aussi avec eux à faire des essais dans la chambre de la petite.

La gardienne du bébé, Josée Milot, a plaidé coupable à l’accusation d’abandon d’enfant et de négligence causant un incendie et des lésions. Elle a été condamnée à 10 mois et demi de prison.

Sept autres agents du Service de police de la Ville de Montréal ont reçu la Médaille pour action méritoire, pour cette même opération.