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Richard Desjardins au secours des caribous

Le chansonnier et trois organisations écologistes veulent forcer Québec à sauver la harde de Val-d’Or

En 2017, Québec a tenté d’envoyer les caribous de Val-d’Or au Zoo sauvage de Saint-Félicien. Le projet a finalement été abandonné face à l’opposition écologiste.
Photo d'archives En 2017, Québec a tenté d’envoyer les caribous de Val-d’Or au Zoo sauvage de Saint-Félicien. Le projet a finalement été abandonné face à l’opposition écologiste.

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Alors que les caribous de Val-d’Or se meurent, le chansonnier Richard Desjardins monte une nouvelle fois aux barricades dans l’espoir de forcer Québec à sauver la harde de l’extinction.

Le chanteur Richard Desjardins.
Photo Ben Pelosse
Le chanteur Richard Desjardins.

« Cette harde est un trésor faunique, lance M. Desjardins. On n’a pas le choix de tout tenter pour la sauver. C’est notre responsabilité. »

En collaboration avec l’Action boréale, Nature Québec et Greenpeace, le chansonnier et documentariste lancera une pétition en ce sens le 22 mai, journée internationale de la biodiversité.

Québec avait jusqu’en 2017 pour mettre en place un plan de conservation des caribous forestiers, d’après la loi fédérale sur les espèces en péril.

En mars dernier, le gouvernement Couillard a plutôt annoncé qu’il laisserait disparaître les 18 bêtes qui restent en Abitibi-Témiscamingue, car il juge les coûts pour restaurer leur habitat trop élevés par rapport à la probabilité de les sauver.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Luc Blanchette, avait alors indiqué que le suivi de la population et les pertes économiques pour la région représenteraient une facture de 76 M$ sur 50 ans, soit 1,5 M$ par an.

Mais pour Henri Jacob, président de l’Action­­­ boréale, il ne s’agit pas tant d’une question de coûts que de priorités.

« Pour eux autres, le caribou, la faune, la biodiversité, ça n’a aucune espèce d’importance », dénonce-t-il.

Selon lui, plusieurs entreprises détenant des droits de coupe dans la région, Québec a fait le choix de favoriser l’industrie forestière.

Or, M. Desjardins prévient que le caribou est comme le canari utilisé comme sentinelle dans les mines de charbon.

« Quand les caribous sont en santé, ça veut dire que la foresterie est en santé », dit-il.

L’Action boréale réclame que la harde de Val-d’Or obtienne la même protection que celle des montagnes de Gaspésie.

Là-bas, Québec contrôle les prédateurs, interdit de circuler dans les zones de prédilection de l’espèce et reboise les chemins forestiers pour lutter contre la fragmentation de l’habitat.

L’efficacité de ces mesures est toutefois mitigée : la harde de Gaspésie est passée de 189 individus en 2007 à 75 en 2017.

Dangereux précédent

Malgré tout, Richard Desjardins estime que laisser disparaître la harde de Val-d’Or serait un dangereux précédent.

« Si elle disparaît, ça va se répercuter sur les autres hardes, c’est écrit dans le ciel ».

« On en vient à se demander si les autres caribous au Québec, comme ceux de la vallée de la Broadback, connaîtront le même sort », ajoute Olivier Kolmel de Greenpeace.

Située en territoire cri, au nord de Lebel-sur-Quévillon, la vallée de la Broadback abrite la harde Assinica qui comptait 509 individus en 2013, d’après le ministère.