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S’attaquer aux vrais problèmes d’immigration

POL-CAUCUS PRÉSESSIONNEL DE LA CAQ
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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La Coalition avenir Québec a éventé sa plateforme électorale en matière d’immigration, dossier qui risque fort d’être la question de l’urne lors des élections de 2018.

Comme il fallait s’y attendre, les groupes de gauche, les tenants du multiculturalisme et le Parti libéral du Québec s’y sont attaqués farouchement. Même le démissionnaire-ministre de l’Immigration David Heurtel est revenu avec le mantra libéral de tenter de faire passer la CAQ comme un parti d’extrême droite, franchement.

En passant, je tiens à lui rappeler qu’une ancienne libérale, Yolande James, également ministre de l’Immigration en 2009, voulait faire signer une déclaration de valeurs aux nouveaux arrivants sous peine d’être refusés.  Mme James avait dit : « si la personne ne veut pas signer et s’engager, elle ne pourra pas venir ». Est-ce que David Heurtel est prêt à qualifier Yolande James de personne intolérante ? Était-ce de l’extrême droite ?

Le vieillissement de la population et le faible taux de natalité sont des menaces à notre économie et à la prospérité de nos entreprises. Dans ce contexte, le Québec a besoin d’immigrants qualifiés dans différents secteurs d’activités.  Cependant, pour favoriser l’intégration d’une personne, il y a trois conditions essentielles à respecter :

  1. La capacité de communiquer dans la langue commune
  2. Le sentiment de contribuer à l’avancement de la société
  3. Le fait de partager des valeurs qui sont communes avec ceux qui nous ont accueillis.

Tentons d’enlever l’émotivité du dossier quelques minutes et questionnons-nous sur la portée réelle de la proposition caquiste en matière d’immigration.

La francisation, un échec sous les libéraux

Une statistique alarmante : 59 % des immigrants que nous avons reçus de janvier à septembre 2017 ne parlent pas français.  La Coalition avenir Québec propose que tous les immigrants dûment reçus puissent atteindre un niveau de français acceptable pendant les 3 premières années suivant leur arrivée.  

Afin d’accompagner les personnes dans leur apprentissage, la CAQ propose de faire passer le budget dédié à la francisation de 74 millions à 200 millions de dollars. Les personnes accompagnées pourraient recevoir jusqu’à 72 semaines de cours de français tout en recevant un dédommagement financier pendant qu’ils reçoivent leur formation.

À la fin du processus, les immigrants devront réussir un test de français pour démontrer une connaissance suffisante de la langue de Molière.

L’emploi des immigrants un échec sous les libéraux

Nous entendons depuis plusieurs années les gens d’affaires se plaindre de la pénurie de main-d’œuvre et il semble que le phénomène ne va qu’en s’aggravant. Or, on dénombre 15,8 % de taux de chômage chez les personnes immigrantes. Statistiques nettement supérieures aux 5,4 % pour l’ensemble de la population québécoise.

Un immigrant reçu devra démontrer qu’il est soit en emploi, ou en démarche pour en obtenir un.

Définir les valeurs communes un échec sous les libéraux

Depuis la crise des accommodements raisonnables et le dépôt du rapport Bouchard-Taylor, on sent que le Parti libéral est mal à l’aise avec l’idée de baliser le vivre ensemble. La récente loi sur la neutralité religieuse et sur le visage à découvert pour recevoir un service public de Stéphanie Vallée illustre exactement le malaise libéral. Cette législation n’en est pas une, car elle n’impose aucune sanction aux personnes qui refuseraient de s’y contraindre (lire mon analyse ici).

La CAQ propose de soumettre les immigrants à un test des valeurs qui porterait sur la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Un document qui comporte 139 articles .

Je me permets de vous rappeler que le gouvernement du Canada impose aux demandeurs de citoyenneté un examen de citoyenneté depuis 1994 et que des pays comme l’Australie, l’Allemagne et la Grande-Bretagne imposent également ce genre de test.  M. Heurtel, est-ce que l’Australie, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont des gouvernements d’extrême droite ?

Saviez-vous que la future épouse du prince Harry, l’actrice américaine Meghan Markle devra réussir un test pour devenir officiellement Britannique ? Elle devra démontrer ses connaissances envers son pays d’adoption, tout comme des milliers « aspirants sujets de Sa Majesté ».

Legault s’attaque aux problèmes

N’en déplaise aux forces de l’immobilisme et du statu quo, Legault entend s’attaquer aux problèmes liés à l’immigration. Il a clairement démontré qu’il est favorable à l’accueil des nouveaux arrivants, mais il y a des conditions. Une personne qui est en mesure de communiquer avec les autres et de s’épanouir au travail aura le sentiment de contribuer à sa société d’accueil. La bonne foi se présume et la très vaste majorité des personnes se soumettront à ces quelques conditions et probablement que la très vaste majorité réussiront avec brio les étapes requises par le Québec pour avoir le droit de vivre sur notre territoire.

Malheureusement, quelques personnes que l’on pourrait qualifier de récalcitrantes seront rejetées.  Il doit y avoir des conséquences contre ceux qui ne se soumettent pas aux règles, parce qu’une loi sans sanction ce n’est pas une loi, c’est peut-être un vœu, un souhait, un espoir qui sait ?  Le Parti libéral a eu 15 ans pour s’en occuper, malheureusement sur ce dossier, c’est un échec total.