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Le mariage royal ou la «monarchie fashion»

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Aujourd’hui, événement majeur pour l’avenir de l’humanité : le prince Harry et Meghan Markle se marient !

Ça vous indiffère ? Moi aussi. Et même « royalement ».

Ceci étant dit, ils sont des millions à avoir les yeux rivés sur leur téléviseur. On dit même déjà que l’événement inspirera les futures tendances. En 2011, l’union du prince William et de Kate Middleton avait été l’épisode du moment. Qu’il doit être formidable de pouvoir se faire payer son mariage et son voyage de lune de miel par des millions de fidèles sujets !

Ce genre de grande messe publique démontre une chose : l’institution royale est à bout de souffle, la seule option lui restant pour continuer à exister dans le cœur des gens, c’est de jouer la carte cool et branchée. Regardez le choix de l’astronaute Julie Payette comme gouverneure générale du Canada : la logique est la même. Mais un édifice qui ne repose que sur la communication est, par définition, bien faible et avare en légitimité.

Tout le monde s’entend sur une chose : le pouvoir royal est aujourd’hui essentiellement symbolique, et ne décide d’absolument rien. Soit. C’est donc admettre que nous payons annuellement le salaire à vie de près de 300 000 dollars des gouverneurs généraux, de leurs 160 employés, des trois photographes et des quatre chauffeurs pour absolument aucune raison. Et c’est sans compter la fonction de lieutenant-gouverneur, autre coquille vide cherchant à garder en vie dans chaque province la moribonde monarchie britannique.

Le roi est mort, vive le roi ?

Mais le coût de ces fonctions n’est pas le principal problème. Seraient-elles bénévoles, et rapporteraient-elles même des profits pour je ne sais quelle raison qu’il faudrait néanmoins les abolir. Les symboles ont un sens.

Notre chef d’État est officiellement Elizabeth II, reine du Canada. Elle nous suit partout, étant sur toutes nos pièces de monnaie. Nos députés lui prêtent toujours serment, et clament ainsi que leurs décisions et actions seront guidées par une personne non élue, qui détient le pouvoir, à vie, pour de simples raisons familiales. Les lois que nous votons dans nos parlements, pour être valides, doivent recevoir la sanction royale pour être valides. Nos représentants ne peuvent donc pas faire ce pour quoi on les élit, sans avoir l’approbation de la monarchie. Et quand notre premier ministre déclenche des élections, il doit également en faire la demande à la gouverneure générale.

Aux oubliettes

Toutes ces fonctions ont beau être symboliques, elles demeurent un rappel vivant que nous sommes encore des sujets de la reine. Avec la vacuité qu’on lui connaît, Justin Trudeau aime marteler que bon nombre de ses choix se justifient « parce que nous sommes en 2018 ».

Si nous sommes en 2018, reléguons aux oubliettes cette vieille institution rétrograde, que les plus beaux partys de mariage ne rendent pas plus pertinente.

Pour terminer, en cette avant-veille du lundi férié qu’on appelle, au Canada anglais, la fête de la Reine, je préfère vous souhaiter une excellente Journée nationale des patriotes. Vous savez, ceux qui ont été pendus pour trahison contre la couronne britannique ?

Je me souviens.