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Un vrai bon roman d’horreur!

Un vrai bon roman d’horreur!
Photo courtoisie Maryse Nobréga

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Alors que la température commence à peine à se réchauffer, ce nouveau Nick Cutter risque fort de vous donner bien des sueurs froides !

Sous le pseudonyme de Nick Cutter, l’écrivain canadien Craig Davidson a une fois de plus libéré tous les démons qui sommeillent en lui. Après le cauchemardesque Troupe 52 qui, en octobre 2016, a réussi à nous faire faire quantité de mauvais rêves, il signe Little Heaven, un autre roman d’épouvante digne des plus horrifiants Stephen King.

« J’ai commencé très jeune à lire ses livres et pour moi, il est le parrain de ce genre littéraire, explique Craig Davidson­­­, qu’on a récemment pu joindre chez lui, à Toronto. Alors quand je m’assois à mon bureau pour travailler, je suis toujours surpris de voir toute l’influence que Stephen King continue d’avoir sur moi.

Même si j’essaie de m’en détacher, je reviens instinctivement aux modèles qu’il m’a inculqués dans ma jeunesse. Cela dit, les romans que j’écris sous le nom de Nick Cutter sont très personnels parce qu’ils se basent sur mes propres phobies et mes propres peurs, la plus grande d’entre elles étant directement liée à la perte d’un enfant. »

C’est d’ailleurs avec la disparition d’un gamin que tout commencera et que, sans même bouger de notre fauteuil, on franchira assez vite les frontières de la folie.

Les sourires avant les cris !

Rappelant certains films de Tarentino, les premiers chapitres sont aussi sanglants que loufoques. Vers le milieu des années 1960, une chasseuse de primes hantée par la mort atroce de son petit frère et deux tueurs à gages à la gâchette facile passeront en effet à un doigt de s’entretuer avant d’être engagés par une femme à moitié défigurée soucieuse de savoir si son neveu, qui a été entraîné de force par son bigot de père à Little Heaven, se porte bien.

Établie au fin fond de la réserve faunique des Black Mountains, dans le Nouveau-Mexique, cette obscure communauté religieuse coupée de tout obéit de fait aveuglément aux ordres du révérend Amos Flesher, un tordu de la pire espèce qui aurait dû être enfermé dans un hôpital psychiatrique depuis fort longtemps. Mais à l’instar d’Hitler, de Jim Jones ou de Charles Manson, il n’a eu qu’à ouvrir la bouche pour séduire et convaincre ses fidèles disciples de le suivre dans ce trou perdu des États-Unis, où plus rien ne pourra l’empêcher d’agir de façon monstrueuse.

« Partout dans le monde, il y a des gens malintentionnés qui profitent de la faiblesse et de la détresse des autres pour s’enrichir ou étendre leur pouvoir, et ce type de personnages me dégoûte profondément, souligne Craig Davidson. Avec Little Heaven, j’ai donc été beaucoup plus loin en montrant comment un homme diabolique pouvait sombrer davantage dans le mal à cause d’un être encore plus diabolique que lui... »

Quand le pire reste à venir...

Un détail que les trois hors-la-loi embauchés par Ellen Bellhaven ne pouvaient pas deviner et qui, peu après leur arrivée à Little Heaven, leur permettront d’affirmer sans l’ombre d’un doute que l’endroit est non seulement maléfique, mais carrément mortifère : quand ses habitants ne psalmodient pas des prières avec des allures de zombie, ils disparaissent subitement pendant quelques heures dans les bois et sincèrement, mieux vaut ne jamais croiser ceux qui en reviennent...

« Écrire est l’un des moyens les plus efficaces pour découvrir ses obsessions et chaque écrivain a les siennes, ajoute Craig Davidson. Pour ma part, elles tournent autour des transformations physiques, comme celles qu’on peut voir dans les films La mouche de David Cronenberg ou The Thing de John Carpenter. C’est quelque chose qui me fascine et dans les livres de Nick Cutter, je me fais un malin plaisir d’exploiter ce thème sous toutes ses plus noires facettes. »

Quinze ans après avoir survécu de justesse à leur infernale incursion à Little Heaven, Micah, Minerva et Ebenezer, qui ont entre-temps presque tous déposé leurs armes pour mener une existence plus rangée, devront cependant réunir le peu de courage qu’il leur reste afin d’y retourner : en 1980, la fille unique de Micah sera en effet enlevée, l’ignoble créature qu’ils pensaient avoir éliminée en 1966 ayant apparemment repris du service. Et oui, ce qui les attendra dans l’ancien camp retranché du révérend Amos Flesher échappera rapi­dement à toute forme d’entendement, Nick Cutter n’ayant reculé devant rien pour nous faire frémir d’angoisse jusqu’au dernier chapitre.

Little Heaven
Nick Cutter, 
aux Éditions Alto, 
616 pages
Photo courtoise
Little Heaven Nick Cutter, aux Éditions Alto, 616 pages