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Parti conservateur: plus ça change, plus c’est pareil

Alexandre Boulerice, lieutenant québécois du NPD
Photo courtoisie Alexandre Boulerice, lieutenant québécois du NPD

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C’est drôle de voir les conservateurs essayer de courtiser les Québécois depuis quelque temps. Ils essaient de nous faire croire que derrière le sourire de leur chef se cache un nouveau parti, mais c’est comme s’ils avaient oublié la devise qui se trouve sur les plaques d’immatriculation au Québec : «Je me souviens».

On a encore en mémoire les dix années sous la gouverne de Stephen Harper, qui ont été frustrantes et démoralisantes pour notre province. Au moins, de 2011 à 2015, le NPD s’est battu bec et ongles pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Ce qu’on continue de faire avec autant de vigueur depuis l’élection de Justin Trudeau et des libéraux. Les quarante – quarante! – députés libéraux du Québec sont invisibles depuis trois ans et ne réussissent pas à peser dans la balance.

Politiques désastreuses

En 2015, les conservateurs ont fait campagne en défendant avec fierté un bilan catastrophique en matière de protection de l’environnement et de lutte aux changements climatiques. Tout ce qu’ils ont fait, c’est passer dix ans à affaiblir nos lois environnementales.

Ils ont appuyé, et appuient encore, que notre argent serve à aider les entreprises pétrolières et les banques. Ils ont aussi fait la promotion d’accords commerciaux qui font mal à la gestion de l’offre, à nos PME et notre environnement.

D’ailleurs, Kinder Morgan a été approuvé par les libéraux en utilisant les normes arriérées mises en place par les conservateurs. Ça ne s'invente pas : si ça va mal, c’est parce que les libéraux imitent les conservateurs!

Des amis qui nous coûtent cher

Le parti de M. Scheer veut aussi faire des cadeaux à des compagnies étrangères comme Google, Facebook, Amazon et Netflix, qui font des milliards de dollars par année. On paie tous des taxes et des impôts pour financer nos services publics, et alors que notre système de santé vit une crise sans précédent, on va commencer à laisser les plus grosses compagnies du monde s’en tirer sans payer leur juste part?

Parlant d’argent, les conservateurs n’ont absolument rien fait dans la lutte aux paradis fiscaux. Comme Justin Trudeau, d’ailleurs, qui gouverne pas mal plus comme un conservateur que comme le social-démocrate qu’il a vendu en 2015.

De plus, comment peut-on prétendre défendre la spécificité culturelle du Québec alors que depuis sept ans, aucun député conservateur du Québec ne siège au comité du Patrimoine?

Des «principes conservateurs»?

M. Scheer aime bien dire des Québécois qu’ils ont des «principes conservateurs», mais ça relève plus du fantasme que de la réalité. Les gens souhaitent que le gouvernement dépense mieux leur argent... bien sûr. Mais ce n’est pas un principe conservateur, c’est juste le gros bon sens!

La semaine dernière, il a même refusé de condamner les propos d’un de ses députés, qui a crié à la Chambre des communes que l’avortement n’était pas un droit. C’est ça, le vrai visage du «nouveau» parti conservateur.

Soyons clairs : le parti derrière le sourire d’Andrew Scheer, c’est celui de Stephen Harper. C’est exactement le même parti qui a passé plus de dix ans au pouvoir à méticuleusement massacrer nos programmes sociaux. Logement, chômage, environnement, financement de la santé, tout y est passé. En 2019, nous nous en souviendrons.