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Coincés à Cuba depuis vendredi

Des vacanciers québécois estiment être laissés à eux-mêmes et ignorent quand ils reviendront au pays

Canadiens pris à Cuba
Photo courtoisie Les problèmes de la ligne aérienne Cubana, dont un avion s’est écrasé vendredi, ont des répercussions importantes pour plusieurs touristes québécois qui sont coincés à Cayo Largo depuis l’accident. On en voit ici en réunion dans le lobby de leur hôtel, alors qu’ils tentaient de savoir à quel moment ils pourraient décoller.

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Des touristes québécois coincés à Cuba depuis le crash aérien de vendredi disent se sentir abandonnés à leur sort et ne pas savoir quand ils pourront revenir au pays.

Comme 77 autres personnes, Véronique Giguère devait revenir à Montréal vendredi après avoir profité du soleil de Cayo Largo dans un complexe hôtelier pendant une semaine.

« Nous n’avons aucune information présentement. Nous devions prendre un vol de Cubana pour revenir vendredi », a expliqué au Journal la Montréalaise depuis sa chambre, hier.

Elle affirme que le vol 177 à destination du Canada qu’elle devait prendre a été annulé sans autres explications. Un trajet prévu hier par la même ligne aérienne entre Holguin et l’aéroport Montréal/Trudeau avait également été retiré de l’horaire.

« On n’a aucune aide du gouvernement ou du voyagiste. Il a fallu se battre pour simplement pouvoir rester à notre hôtel », poursuit-elle.

Selon Jean Colette, président de l’Association des agents de voyages du Québec (AAVQ), c’est au grossiste Caribe Sol, qui a pris les arrangements avec le transporteur, de trouver une solution pour ramener les voyageurs.

« Ils ont l’obligation d’honorer les vols. Il faut qu’ils achètent des billets avec d’autres transporteurs qui desservent la destination pour rapatrier les gens », explique-t-il

En après-midi hier, une rencontre avec les responsables de Cubana et le grossiste n’avait pas permis de dénouer l’impasse, selon Mme Giguère.« On nous a dit qu’il pourrait y avoir 16 places sur un vol vers Varadero en soirée [d’où ces gens pourraient se rendre au Canada]. Mais il n’y avait aucune certitude », ajoute-t-elle.

Après une nouvelle rencontre avec les responsables, Véronique Giguère et les autres voyageurs en attente auraient été informés qu’ils devraient quitte l’hôtel aujourd’hui, sans savoir s’ils auraient un vol de retour.

Inquiétudes

Comme d’autres touristes coincés, elle disait se sentir complètement démunie.

« Nous sommes laissés à nous-mêmes », a-t-elle déploré.

« Il faut se rappeler que Cubana vient de vivre une catastrophe importante. Mais ça n’enlève pas l’obligation de ramener les gens », nuance M. Colette qui juge que rester coincé 48 h sans justification est long.

Canadiens pris à Cuba
Photo AFP

Le New York Times rapportait samedi que l’aviation cubaine a interdit de vol une partie de la flotte de Cubana en raison de risques pour la sécurité. Les autorités ont forcé l’entreprise d’État à louer des avions à l’étranger, dont celui qui s’est écrasé.

L’embargo commercial américain sur l’île fait que Cubana ne peut acquérir de nouveaux appareils occidentaux a d’ailleurs dénoncé le gouvernement vendredi.

Désagréments

Les récents problèmes du transporteur, et, par conséquent, du grossiste Caribe Sol, inquiètent maintenant l’AAVQ. Il y a deux semaines, un groupe de voyageurs a vécu exactement la même situation avec les mêmes entreprises.

« S’ils se comportent en bon citoyen corporatif, les conséquences seront minimes. Mais ils doivent respecter leurs obligations », soutient M. Colette.

Les désagréments sont toutefois nombreux pour les voyageurs qui sont en attente

« Nous on a des funérailles cette semaine. D’autres ont des enfants à la maison ou ont besoin de leurs médicaments. C’est très frustrant », dénonce Mme Giguère.

Affaires mondiales Canada, Cubana et Caribe Sol n’ont pas donné suite aux messages du Journal hier.

Recours pour un voyageur coincé

  • Se tourner vers le fournisseur du voyage pour prendre des arrangements
  • Vérifier si l’assurance voyage achetée auprès de l’agence, associée à sa carte de crédit, ou une assurance collective couvre l’interruption de voyage
  • Revenir par ses propres moyens et s’adresser au Fonds d’indemnisation des clients d’agents de voyages qui, ultimement, pourrait rembourser les voyageurs

Source : AAVQ