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Combien d’immigrants voulez-vous?

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« Quand on aime, on ne compte pas. » Vous connaissez le proverbe ? Faut croire que notre rapport avec nos immigrants ne tient pas de l’affection qu’on leur porte, mais plutôt d’une gestion comptable, selon nos besoins sur le marché du travail. C’est dommage de voir ces nouveaux arrivants pleins d’espoir réduits à ce marchandage économique. Combien en faut-il pour que « la business » roule ? 40 000, 50 000 ? Qui dit mieux ?

Le compte est bon

Cela fait des années qu’on s’obstine à mettre un chiffre juste et raisonnable sur le nombre d’immigrants théoriquement nécessaire pour répondre à nos enjeux démographiques et de main-d’œuvre. Tout le monde a tort. Le nombre « acceptable » d’immigrants varie du tout au tout, selon que vous posez la question à un employeur ou à un membre d’une milice néo-nazie. Le fond du problème est ailleurs. Il réside dans notre incapacité à gérer l’intégration de milliers d’arrivants à qui on a promis la lune. Réduire leur nombre ne réduira pas notre incompétence.

L’immigration comptable sur des critères rationnels est loin du principe qui pousse quelqu’un vers un nouveau pays. On peut rationaliser le départ pour un ailleurs meilleur, mais immigrer reste un geste émotif. Recevoir quelqu’un chez soi tient de la même logique.

Un test d’intégration ?

Quand vous invitez des gens chez vous, le faites-vous par intérêt ? J’espère que non. Mais vous souhaitez qu’ils aient les mêmes valeurs que vous. C’est ce que prône la CAQ avec son improbable « test des valeurs ». Là encore, l’approche ne garantit pas l’erreur sur la personne. Nous sommes les seuls au pays à choisir nos immigrants. Ce n’est pas une science exacte. Mais c’est à nous de clarifier les règles. Comme le fait d’expliquer que le Québec est une société laïque où la religion se vit chez soi.

Or, nous échouons nous-mêmes lamentablement au test d’intégration de nos immigrants. On les incite peu à se franciser. Les programmes sont rébarbatifs pour qui doit vite se trouver du travail et faire vivre une famille. Et c’est sans compter les réfugiés du chemin Roxham. Il est impensable d’intégrer des milliers de migrants dans le contexte actuel.