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Gérard Depardieu admiratif des artistes de la chanson du Québec

ART-PORTRAIT DE G�RARD DEPARDIEU
Photo Agence QMI, Dario Ayala L’acteur Gérard Depardieu, très critique de la musique actuelle, apprécie les textes de plusieurs auteurs québécois.

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De passage au Québec pour les représentations de son spectacle Depardieu chante Barbara, Gérard Depardieu a confié avoir toujours été admiratif des artistes de la chanson québécoise.

Même s’il ne connaît pas vraiment le monde de la chanson, Gérard Depardieu a toujours été curieux. «Je connaissais Diane Dufresne et j’ai toujours trouvé que les Canadiens étaient forts dans les textes, que ce soit avec Félix Leclerc, Gilles Vigneault ou Robert Charlebois, que Barbara aimait beaucoup. Et puis, il y a cette fabuleuse Céline Dion, qui a une voix étonnante. Les Canadiens ont des voix magnifiques, comme les Russes, d’ailleurs.»

Le sens des mots et la profondeur des paroles des chansons sont des éléments importants, selon lui. «Il y a malheureusement de moins en moins de textes, aujourd’hui. Le rap, on ne comprend rien. Moi, je ne comprends pas. J’ai peut-être les oreilles bouchées, je suis un peu comme une vieille taupe, mais on entend bien ce qu’on veut.»

Il ne porte pas plus dans son cœur le parolier Luc Plamondon, qu’il a connu au milieu des années 1980. «À l’époque, M. Plamondon était déjà très énervé et très susceptible.»

L’importance des origines

Par contre, il salue les Québécois qui continuent de respecter la langue française, «même s’ils ne connaissent plus les origines, car la culture tend à diminuer. Par exemple, les gens lisent de moins en moins. C’est dommage. J’espère aussi que vous allez retrouver vos racines afin de savoir qui était là avant vous et d’essayer de les comprendre, et de comprendre leur chamanisme, au lieu de les mettre dans des réserves et de leur donner à boire.»

Gérard Depardieu aime avant tout le sens des mots et la force du texte des chansons, comme dans celles de son amie Barbara.

«Une chanson, c’est seulement deux minutes, mais ça peut aider. Dans le film de François Truffaut La femme d’à côté, le personnage de Fanny Ardant est en dépression et dit à un moment que la musique l’a sauvée. Ça n’a l’air de rien, mais “Ne me quitte pas, je t’inventerai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas”, ça veut dire quelque chose. Barbara avait aussi ce genre de textes qui ont du sens.»

Chanter les chansons de Barbara sur scène est aussi une façon, pour lui, de terminer son deuil. «J’avais envie de retrouver nos rires, et aussi la gravité de ses chansons. C’est ce qui faisait la différence entre elle et les grandes voix américaines, qui se ressemblent toutes. Elles sont capables de refaire cent fois la même chose. Barbara, elle, ne chantait jamais de la même façon.»

Gérard Depardieu présentera le spectacle Depardieu chante Barbara à l’Olympia de Montréal les 23 et 24 mai prochains.

À propos...

– De son métier: «Acteur, ça me fait chier. Même au théâtre, j’ai une oreillette. Je n’ai pas envie d’apprendre, je n’ai pas envie de penser. Le texte, je l’écoute et je le balance, mais ce n’est pas tout le monde qui peut faire ça.»

– De ses récents films: «En général, les films sont mauvais. Mais je les fais quand même, parce qu’il y a des copains ou des gens qui arrivent à me convaincre. Mais je n’ai aucune motivation, même pas l’argent, parce qu’il n’y a plus d’argent dans le cinéma.»

– Du Québec: «J’aime beaucoup l’espace, ce n’est pas américain. Ce sont des gens qui sont très simples, ça veut dire qu'ils ne se cassent pas trop la tête. Je suis persuadé qu’il y a des problèmes, puisque la mondialisation amène tout un tas de problèmes, mais dans le Québec, il y a beaucoup d’espace pour éviter d’avoir trop de problèmes. Je trouve que c’est mieux ici qu’en France.»