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Jusqu’à quand l’ère des stéroïdes?

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photo d’archives Robinson Cano ne s’est pas fait prendre pour avoir consommé des stéroïdes, mais plutôt un produit masquant.

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J’ai joué au beau milieu de l’ère des stéroïdes, mais mon choix était de ne pas en prendre. J’en ai vu, j’ai posé des questions, j’ai pris des notes et j’en ai parlé avec mon médecin.

J’en suis venu à la conclusion que ces produits qui se consommaient dans les différents vestiaires de baseball professionnel n’étaient pas pour moi. Pour ma santé, à court et à long terme, c’était un choix facile. Surtout, c’était illégal...

On parle généralement de « l’ère des stéroïdes » en l’attribuant à la période allant de la fin des années 1980 jusqu’à la fin des années 2000. Mais avec la récente annonce de la suspension de 80 matchs de Robinson Cano, joueur étoile des Mariners de Seattle, c’est à se demander si la fameuse « ère des stéroïdes » est vraiment terminée.

Onde de choc de Canseco

Triste retour dans le passé. En 2002, l’ancienne gloire du baseball majeur Jose Canseco laissait entendre, dans une entrevue à la télévision américaine, que 85 % des joueurs professionnels consommaient des stéroïdes. Cet énoncé a créé une onde de choc partout sur la planète baseball.

Quelques années plus tard, en 2005, Canseco mentionnait dans son livre intitulé Juiced que le défi n’était pas de trouver des bons joueurs de balle qui utilisaient des stéroïdes, mais plutôt de trouver un bon joueur qui n’en prenait pas...

En 2012, dans son livre Game Over, le Québécois Éric Gagné y allait avec une déclaration tout aussi fracassante en indiquant que 80 % de ses coéquipiers avec les Dodgers de Los Angeles utilisaient des produits dopants.

En 2018, avec les balles qui sortent des stades à une fréquence record et avec tous ces lanceurs qui possèdent un bras canon, la situation a-t-elle complètement changé ? Je ne crois pas.

Concernant Cano, précisons qu’il ne s’est pas fait prendre pour des stéroïdes, mais plutôt pour l’utilisation de furosémide, un diurétique. C’est une substance bannie par le baseball majeur, car c’est un agent masquant. Mais Cano masquait quoi au juste ?

Ancien coéquipier de Cano avec les Yankees de New York, Mark Teixeira semble le savoir. Il n’était nullement surpris que Cano se soit fait prendre pour dopage. Or, ils ont joué ensemble de 2009 à 2013... jusqu’à ce que Cano signe son entente monstre avec Seattle pour 10 saisons d’une valeur de 240 millions $. Cette suspension lui coûtera 11 M$ en salaire. Et peut-être une intronisation à Cooperstown aussi, on verra.

Pénalités trop légères

Victor Conte, fondateur du fameux laboratoire Balco, épicentre du scandale des stéroïdes dans le baseball et plusieurs autres sports, a déjà dit que la seule façon de se faire prendre dans les tests antidopage était d’être cave.

La science des produits dopants, qui comprend l’utilisation d’agents masquants, continue d’être en avance sur les contrôles antidopage. Tant que la pénalité sera une simple suspension au lieu d’une annulation de contrat, les joueurs continueront de prendre le risque. Et l’ère des stéroïdes continuera tristement de se poursuivre !