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La CAQ et le PLQ NE SONT PAS des siamois

La CAQ et le PLQ NE SONT PAS des siamois
Photo Simon Clark

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Mon collègue des spin doctors, Steve Fortin, a écrit ce texte : les frères siamois. Avec tout le respect que j’ai pour lui, il fait fausse route.

Le contexte

Bien sûr, il est fréquent que des partis puissent avoir des positions qui se ressemblent sur des enjeux précis. Prenons le dossier du mode de scrutin proportionnel mixte, le PQ, la CAQ et QS ont la même position. Sur la question nationale, le PQ et QS sont sur la même longueur d’onde et prône l’indépendance, tandis que les libéraux sont fédéralistes et la CAQ favorise un nationalisme fort. Je pourrais continuer comme ça longtemps.

Saviez-vous que la majorité des motions et des projets de loi sont adoptés à l’unanimité à l’Assemblée nationale ? Nous n’entendons parler dans les médias que de ceux qui confrontent deux visions de la société. Ce sont des enjeux que l’on appelle dans le jargon des « wedges ».

Les candidats

Afin de prouver que la CAQ et les libéraux sont des bonnets blancs, blancs bonnets, mon collègue Steve Fortin donne en exemple des cas où la CAQ a approché des individus qui ont été, dans leur passé des libéraux, cela démontre qu’il y a là un copié-collé entre PLQ et CAQ. En tout respect, il y a là un raccourci dangereux. Pourrais-je prétendre que le PQ et le PLQ sont identiques parce qu’Alexandre Taillefer était membre du PQ, avait contribué financièrement à la course à la chefferie de Jean-François Lisée et qu’aujourd’hui, il est le capitaine de la campagne électorale du Parti libéral ? Bien sûr que non. Je considère le PQ et le PLQ très différents sur bien des dossiers.

Dois-je rappeler à monsieur Fortin que la CAQ est une coalition, et que des gens de toute origine y militent. Oui, il y a d’anciens militants et partisans du PLQ et il y a même une ancienne ministre libérale qui s’est jointe au parti (Marguerite Blais), mais il y a aussi d’anciens péquistes, comme Benoit Charrette (député de Deux-Montagnes, d’anciens adéquistes comme Éric Caire (La Peltrie) et Marc Picard (Chute-de-la-Chaudière), un ex-député conservateur comme André Bachand (candidat dans Richmond).

Je pourrais même prendre ma propre personne en exemple. J’ai milité au PQ de 2004 à 2008, je me suis joint à la CAQ de François Legault en 2011. Je n’ai jamais eu d’affinités avec le PLQ.

Et les idées dans tout ça ?

Encore une fois, il peut parfois y avoir des rapprochements idéologiques au cas par cas entre la CAQ et le PLQ... et parfois entre le PQ et la CAQ. Mais il y a d’autres idées qui sont à des années-lumière des libéraux, en voici quelques-unes.

En matière d’immigration

Les libéraux prônent un multiculturalisme canadien, veulent un plafond d’immigration à 50 000 personnes par années et veulent même l’augmenter significativement.

La Coalition avenir Québec souhaite réduire le plafond de 50 000 à 40 000, tout en bonifiant de façon massive les budgets en francisation. (Vous pouvez lire mon texte d’analyse ici).

En matière d’intégrité

Les libéraux ont été écorchés sur ce sujet depuis des lustres et la commission Charbonneau n’a fait qu’amplifier cette perception. Marc-Yvan Côté et Nathalie devront subir bientôt leur procès et on attend toujours les conclusions de l’enquête mâchurer.

Pendant ce temps, la CAQ propose deux changements majeurs :

  1. La nomination du commissaire de l’UPAC et des autres chefs de police au 2/3 de l’assemblée nationale, ce qui est refusée par les libéraux.
  2. L’abolition de nominations partisanes pour les postes d’administrateurs publics [voir les projets de loi de Simon Jolin-Barrette, député de Borduas et de Benoit Charrette, député de Deux-Montagnes].

En matière de bureaucratie

Les libéraux qui nous promettaient une réingénierie de l’état en 2003 et de s’occuper des vraies affaires en 2014 ont échoué. Les dépassements de coûts énormes en matière informatique et une mauvaise gestion du centre de service partagé.  Les libéraux n’ont jamais proposé de changements majeurs dans la gestion informatique au gouvernement malgré les scandales qui s’accumulent tels que le projet GIRES-SAGIR, le dossier Santé Québec et l’informatisation de la CARRA pour ne nommer que ceux-là.

Quant à elle, la CAQ propose de s’attaquer au bordel informatique et aux approvisionnements en abolissant la règle du plus bas soumissionnaire, une opération qui pourrait faire économiser 800 milions de $, prévoit-on.

Différences majeures

Je peux concevoir que la vision de la CAQ ne soit pas appuyée par tout le monde, et mon collègue Steve Fortin n’a visiblement pas sa carte de membre de ce parti.  C’est correct. Cependant, il faut être honnête et noter que la CAQ et le PLQ sont très différents.

Je ne suis pas celui qui dit qu’il y a les bons et les mauvais. Chacune des formations politiques détermine ses priorités et demande aux électeurs de choisir en fonction de l’offre.  Faire de la politique c’est choisir un côté de la médaille. Dans bien des dossiers, la CAQ et les libéraux se retrouvent diamétralement opposés.

Mon collègue pose la question suivante : La CAQ ou le PLQ, quel changement ? La question était au singulier, je viens de lui répondre au pluriel.