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Des milliards gaspillés pour rien

Des milliards gaspillés pour rien
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En raison des décisions imposées par le gouvernement du Québec, on a eu droit au cours des 15 dernières années à un incroyable gaspillage d’argent de plusieurs milliards de dollars chez Hydro-Québec.

Et le gaspillage se poursuit de plus belle au rythme d’un milliard par année avec l’achat forcé d’énergie éolienne et d’énergie biomasse, et ce à plus de trois fois le prix de l’électricité produite par Hydro-Québec.

D’entrée de jeu, je vous rappelle que la fermeture en 2012 de la centrale Gentilly-2 a fait l’objet d’une radiation d’actif de 1,9 milliard $, laquelle radiation avait réduit d’autant le dividende versé au gouvernement du Québec.

Cette coûteuse fermeture avait été précédée en 2007 par la fermeture de la centrale au gaz naturel de Bécancour, de la pétrolière albertaine TransCanada. Le Devoir rapportait la semaine dernière que notre société d’État a accepté de verser la somme de 2,4 milliards $ (échelonnée de 2008 à 2026) à la pétrolière albertaine TransCanada en guise de compensation contractuelle pour les achats d’électricité non effectués.

Dans son récent rapport, la vérificatrice générale du Québec a calculé que l’achat forcé d’électricité postpatrimoniale (éolienne, biomasse, etc.) par Hydro-Québec auprès des producteurs privés avait fait grimper les tarifs d’électricité de 2,5 milliards $ au cours de la période de 2009 à 2016.

Le gaspillage se poursuit...

Hier, notre Bureau parlementaire signalait pour sa part que notre société d’État allait perdre cette année près de 130 millions $ en achetant à gros prix l’énergie biomasse produite par les entreprises de pâtes et papiers.

Hydro-Québec va payer 11 cents le kilowatt-heure l’électricité produite par des usines de cogénération à la biomasse de producteurs de pâtes et papiers. Mais comble de ridicule : Hydro va revendre cette électricité à quelque 4 cents le kilowatt-heure aux clients industriels, parmi lesquels on retrouve les mêmes producteurs de pâtes et papiers !

Tout un « deal » gouvernemental que de forcer Hydro à perdre ainsi 130 millions par année !

Pire avec l’éolien

À ces 130 millions qu’Hydro-Québec va perdre cette année avec l’énergie biomasse, s’ajoute une perte additionnelle de 700 millions $.

À cause de quoi ? Hydro-Québec est obligée d’acheter annuellement pour un milliard de dollars d’électricité éolienne, alors qu’elle n’en a pas besoin en raison de ses immenses surplus d’électricité.

Pis encore : à l’instar de l’énergie issue de la biomasse, Hydro est obligée de payer l’électricité éolienne trois fois plus cher que le coût de l’électricité qu’elle produit elle-même.

Ce n’est pas la direction d’Hydro-Québec qui est responsable de ce honteux gaspillage. C’est le gouvernement du Québec qui, depuis le gouvernement Charest, a multiplié les onéreux contrats d’approvisionnement éolien auprès de producteurs privés.

Le coût moyen de l’électricité éolienne qu’Hydro-Québec est tenue d’acheter s’élève cette année à 9,4 cents le kilowatt-heure, alors que le coût moyen de l’électricité dite patrimoniale produite par Hydro-Québec est de 2,9 cents le kilowatt-heure.

Sur le milliard de dollars d’électricité éolienne qui sera achetée cette année des producteurs privés, Hydro-Québec devra ainsi payer une prime d’approvisionnement de quelque 700 millions de dollars. Eh oui ! une prime de 70 %, rien de moins.

Toujours plus de surplus

Selon le plan d’approvisionnement 2017-2026 d’électricité, Hydro-Québec prévoit se retrouver en situation de surplus lors de toutes ces années.

D’ici 2022, par exemple, les surplus annuels dépasseront les besoins à hauteur de 11 TWh (térawatt-heure). Pour votre information, sachez que ces 11 TWh représentent à vrai dire la production annuelle d’électricité éolienne qu’Hydro-Québec a l’obligation d’acheter à gros prix.

Cela veut dire que la société d’État versera au cours des cinq prochaines années l’astronomique somme de 5 milliards de dollars aux producteurs privés d’éolienne, alors qu’elle n’en a aucunement besoin vu ses énormes surplus d’électricité.

Et ce qui n’a aucun bon sens c’est de voir que cet achat forcé de 5 milliards de dollars d’énergie éolienne renferme une prime de 70 %, soit de 3,5 milliards de dollars.