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Les milieux ruraux ne récoltent pas leur part des investissements

La décroissance et le vieillissement de la population suscitent aussi l’inquiétude

Quebec
PHOTO STEVENS LEBLANC Le conteur Fred Pellerin affirme que le virage en faveur d’un Québec rural fort devra venir de la réflexion, mais aussi des tripes. M. Pellerin est l’ambassadeur du mouvement Tous ruraux qui a réuni près de 200 personnes, mercredi, dans la capitale nationale.

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Les milieux ruraux s’estiment délaissés par le gouvernement qui favorise les grands projets dans les centres urbains, comme Montréal et Québec, pendant que les campagnes se vident de leurs jeunes.

Pour stopper l’hémorragie, plusieurs acteurs, avec à leur tête le conteur Fred Pellerin, se sont mobilisés mercredi à Québec dans le cadre du mouvement Tous ruraux.

Avec des régions comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui a perdu près de 1040 résidents par année de 2001 à 2016 au profit des grands centres, la situation est préoccupante.

« Regardez les investissements à Montréal et à Québec en termes de REM, d’échangeur Turcot, de construction d’hôpitaux et comparez cela aux investissements qui se font en région. Les villes demandent beaucoup, mais les régions ont besoin de plus », a affirmé mercredi Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles du Québec présent au rassemblement.

Les milieux ruraux au Québec font face à de nombreux défis. Les personnes âgées de 45 à 64 ans représentent près de la moitié de la population en âge de travailler.

Selon le portrait commandé par Solidarité rurale du Québec, en 1991, on notait 147 jeunes âgés de 20 à 29 ans pour 100 personnes de 55 à 64 ans dans les régions rurales. En 2016, ce ratio était de 58 jeunes pour 100 personnes de 55 à 64 ans.

Interdépendants

Cet état de fait n’est pas sans inquiéter les militants en faveur d’un Québec rural fort, comme Fred Pellerin, qui a réussi à mettre le village de Saint-Élie-de-Caxton sur la « mappe ».

« Longtemps, on a défini la ruralité en opposition avec l’urbanité, mais on se rend bien compte que si un jour le territoire s’éteint, tu auras beau être dans ton centre-ville, ce que tu consommes vient beaucoup de la ruralité. Il y a aussi le devoir d’occuper le territoire », a ajouté le conteur.

Pour lui, l’interdépendance entre les deux est indéniable. Pourtant, lorsqu’on analyse les données, on ne peut que constater que les deux mondes évoluent à une vitesse bien différente.

Internet haute vitesse

En 2017, plus de 300 000 ménages en milieux ruraux n’avaient pas accès à internet haute vitesse. Le problème affecte même les producteurs de lait qui ne peuvent faire fonctionner leurs robots de traite parce que la connexion internet est de mauvaise qualité.

Même s’il y a du progrès, la proportion de ménages branchés à internet dans les milieux ruraux reste nettement inférieure à celle des grandes villes (84 % contre 90,2 %).

Les régions rurales éloignées du Québec ont enregistré une décroissance de 7 % de leur population ces dernières années.