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L’essence trop chère

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Pour vous montrer à quel point les automobilistes québécois se font arnaquer avec le prix de l’essence, il faut savoir que le prix à la pompe hier (150,8 cents le litre) était supérieur à celui du 3 juillet 2008 (149,4 cents le litre), moment où le prix du baril de pétrole brut (le Brent) se négociait à un prix plus élevé de 44 %.

Le 3 juillet 2008, le baril du Brent se négociait à 147 dollars canadiens, soit 45 dollars de plus que le cours d’hier, à 102 dollars canadiens le baril.

Cela dit, voici une autre comparaison qui démontre à sa face même à quel point on se fait exploiter par les raffineurs et les détaillants d’essence.

À 150,8 cents le litre d’essence hier à Montréal, c’était 20,3 cents le litre de plus que le prix moyen payé en 2015 (130,5 cents/litre) alors que le prix du pétrole brut était sensiblement le même.

Qu’est-ce qui explique le gros écart ? L’écart est attribuable en grande partie à une forte hausse de la marge de raffinage et de la marge de détail.

Hier, la marge de raffinage sur l’essence s’élevait à 19,3 cents le litre, soit 8,4 cents de plus que la marge moyenne en 2015. On parle ici d’une fabuleuse augmentation de 77 % de ladite marge.

Du côté de la marge de détail, les marchands effectuaient hier une ponction de 13,9 cents le litre, soit 5,9 cents de plus que la marge de détail moyenne de 2015. Ce qui leur procure une augmentation tout aussi fabuleuse de 74 %.

Ainsi, sur l’écart de 20,3 cents le litre, les raffineries pétrolières et les détaillants d’essence accaparent donc à eux seuls 14,3 cents le litre.

Les gouvernements de Québec et d’Ottawa vont chercher à eux deux 2,7 cents de plus en taxes de vente (TVQ et TPS).

Les autres 3 cents le litre d’écart qui restent sont attribuables à l’écart de prix du baril de pétrole entre hier (65,4 cents le litre) et le prix moyen de 2015 (62 cents le litre).

AUX ÉTATS-UNIS

Aux États-Unis, hier, l’essence à la pompe revenait à un prix moyen de 1,00 $ canadien le litre, soit 33 % moins cher.

C’est donc dire qu’ici, dans la région de Montréal, on vend le litre d’essence 50 cents de plus qu’aux États-Unis. Une portion importante de l’écart est attribuable à la panoplie de taxes spécifiques et taxes de vente que Québec et Ottawa perçoivent à même le litre d’essence.

Par litre d’essence à 150,8 cents, les deux gouvernements récoltaient hier la jolie somme de 51,9 cents, dont 35,3 cents pour Québec et 16,6 cents pour Ottawa.

AUTRE HAUSSE

En raison de la chute probable de la production de pétrole vénézuélien et d’une baisse possible des exportations du pétrole iranien, les risques de voir le baril de pétrole poursuivre son ascension au cours des prochaines semaines sont élevés.

Quel beau prétexte pour exploiter davantage les automobilistes en allant leur pomper plus d’argent avec l’essence !

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