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Coupe Memorial: Elijah Francis est en pays de connaissance

Le chemin de la guérison a été parsemé d’embûches pour le défenseur Elijah Francis, du Titan d’Acadie-Bathurst.
Photo Agence QMI, RICK ELVIN Le chemin de la guérison a été parsemé d’embûches pour le défenseur Elijah Francis, du Titan d’Acadie-Bathurst.

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REGINA | Dans les niveaux bantam et midget, Elijah Francis a joué pendant deux saisons chez les Hounds du collège Notre-Dame, une institution réputée située à quelque 50 kilomètres au sud de Regina.

Le tournoi de la Coupe Memorial s’avère donc un retour aux sources pour l’athlète mi’kmac d’Elsipogtog, au Nouveau-Brunswick.

Des retrouvailles avec la Saskatchewan aussi inespérées qu’imprévues pour le défenseur de 19 ans qui fut victime de sévères commotions cérébrales, durant les saisons 2015-16 et 2016-17.

Des campagnes durant lesquelles Francis avait revêtu l’uniforme seulement 25 et 17 fois pendant des calendriers réguliers de 68 parties. La saison dernière, il avait participé à son dernier match le 4 novembre et il n’avait pu revêtir l’uniforme durant les séries éliminatoires.

«J’apprécie chaque minute de mon expérience depuis notre arrivée à Regina. Les deux dernières années furent difficiles. L’été dernier, j’ignorais si j’allais être capable de poursuivre ma carrière. Quelques mois plus tard, je participe au tournoi de la Coupe Memorial», a mentionné Elijah Francis.

«Après deux saisons consécutives sabotées par de sévères commotions, Elijah s’était donné une dernière chance cette année. Honnêtement, il a bien fait et le tournoi est une récompense pour tout ce qu’il a vécu», a affirmé l’entraineur en chef du Titan Mario Pouliot.

Problèmes circulatoires

Les tests approfondis, auxquels Francis a été soumis pour juger de son niveau de récupération de ses traumatismes crâniens, ont permis à un neurologue de découvrir une malformation dans le réseau sanguin alimentant son cerveau.

«Tu ressens beaucoup de frustration quand tu es à l’écart du jeu pendant d’aussi longues périodes. Puis, quand on m’a appris la nouvelle (malformation), j’étais dévasté», s’est remémoré Elijah Francis.

«Ces commotions m’ont également obligé de faire impasse sur deux années d’entraînement hors glace. Parfois, j’avais l’impression d’avoir le même physique qu’à ma saison de 17 ans. L’été dernier, je me suis toutefois repris en main et je n’ai pas ménagé les efforts pour me remettre en forme.»

Un risque omniprésent

Elijah Francis a été informé des séquelles associées à la réception de son prochain traumatisme crânien.

«Le médecin m’a dit que si je recevais un autre choc à la tête, la convalescence serait très longue. Encore plus longue que celles de mes commotions cérébrales précédentes.

«J’en suis conscient, les risques sont élevés. Dans le feu de l’action, j’essaie de me protéger sans pourtant autant jouer sur les talons.»

Quand ça faisait «boum» et que le numéro 45 était sur la patinoire en début de saison, Mario Pouliot s’étirait parfois le cou.

«Nous avons eu vraiment peur quand il a encaissé une solide mise en échec durant un match, mais Elijah n’a eu aucun problème à la suite de ce contact.»

Un compétiteur né

Peu à peu, Pouliot a renoué avec cet arrière prometteur que le Titan avait réclamé en 2e ronde lors de la séance de repêchage de 2014.

«Malgré son manque d’entraînement et des absences prolongées, le talent d’Elijah nous sautait aux yeux dès qu’il revenait sur la patinoire. Puis, c’est un compétiteur né.»

Dimanche, Francis jouera son 77e match depuis le début du calendrier régulier de la LHJMQ. Comme plusieurs joueurs de 19 ou 20 ans au crépuscule de leur carrière junior, il ignore ce que l’avenir sur glace lui réserve.

«Je vais m’entraîner fort cet été afin d’être prêt pour la prochaine saison. Que ce soit pour occuper un poste de joueur de 20 ans dans la LHJMQ ou ailleurs.»

Des émotions particulières

À chaque match depuis le début du tournoi, des représentants des Premières Nations de la Saskatchewan ont été invités à fouler la glace durant les cérémonies d’avant-match.

«Leurs costumes traditionnels et leurs coiffes en plumes très colorées me motivent à jouer avec encore plus d’ardeur», assure Elijah Francis.

Le défenseur a toutefois perdu son assurance quand on lui a demandé de nous expliquer les éléments du Traité #4 signé en 1874!