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Du pissenlit autant sur les rôties que dans le café

Il reste cependant une mauvaise herbe aux yeux de bien des Québécois

Marianne Robert, une étudiante en production horticole originair
Photo courtoisie Marianne Robert, originaire de la Beauce, ne voit pas de différence entre le goût du miel de pissenlits qu’elle tient entre ses mains et celui produit par les abeilles.

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Pendant que plusieurs désespèrent de voir leur gazon jaunir en cette période de l’année, d’autres s’en réjouissent et apprêtent le pissenlit à toutes les sauces.

« Je peux autant en mettre sur mes toasts le matin que dans mon café. C’est vraiment accessible comme goût », assure Marianne Robert, une étudiante en production horticole, la voix un peu éraillée après avoir passé la journée à équeuter les fleurs pour concocter son « miel de pissenlits ».

Victime de préjugés

Les Européens cuisinent la dent-de-lion, comme le surnomment les Anglais et les Allemands, depuis longtemps. Mais au Québec, le pissenlit reste une mauvaise herbe dans l’imaginaire collectif.

« Ici, la production est encore très artisanale. Ça ne sert à rien de faire de la publicité. Il faut vraiment goûter pour apprécier parce que sinon, les gens n’osent pas », confie Dominique Bouchard, propriétaire de Korzen, une entreprise de Charlevoix qui fait du kombucha et qui a commercialisé un jus à base de pissenlit il y a deux ans.

Le produit obtient un succès d’estime, mais aucune épicerie n’a voulu le vendre sur ses tablettes.

Santé et environnement

La fleur est pourtant reconnue pour ses vertus médicinales, tirant d’ailleurs son nom de ses bienfaits sur le système urinaire.

La plante est aussi riche en fer et est bénéfique au foie, comme le rappelle la biologiste Édith Smeesters, qui milite depuis plusieurs années contre l’utilisation des pesticides.

« On devrait apprendre à aimer les pissenlits plutôt que de polluer l’environnement en voulant s’en débarrasser. La nature finit toujours par gagner de toute façon », plaide celle qui infuse ses tisanes de racines de pissenlits pour soigner ses maux de gorge.

« Ce n’est peut-être pas si laid que ça, des pissenlits, finalement », s’habitue Marianne Robert, qui en récolte également les feuilles au printemps pour rehausser le goût de ses salades.

Miel de pissenlit

Recette de Marianne Robert pour un pot de 500 ml

  • Cueillir 200 pissenlits sur un terrain qui n’a jamais été traité. Le faire en après-midi, les jours de soleil si possible, afin que les pétales soient plus goûteux.
  • Ajouter un litre et demi d’eau et faire bouillir pendant une trentaine de minutes.
  • Filtrer à l’aide d’une passoire pour retirer les pétales et ne garder que le liquide jaunâtre.
  • Ajouter un citron tranché et trois tasses de sucre.
  • Faire à nouveau bouillir une trentaine de minutes en remuant le tout.
  • Faire refroidir jusqu’à ce que la solution devienne mielleuse.