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Le film d’ados de Biz

Biz et le réalisateur Tristan Dubois ont signé ensemble le scénario du film 
La chute  de Sparte.
Photo Chantal Poirier Biz et le réalisateur Tristan Dubois ont signé ensemble le scénario du film La chute de Sparte.

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Rappeur devenu auteur, Biz a l’habitude de lancer des disques et des livres. Mais dans quelques jours, il vivra une toute nouvelle expérience avec la sortie de l’adaptation cinématographique de son roman pour adolescents La chute de Sparte : « C’est excitant et je suis pas mal fier du résultat », confie-t-il en entrevue.

Biz s’est impliqué à fond dans cette première expérience d’écriture pour le cinéma. En plus d’avoir coscénarisé le film avec le réalisateur Tristan Dubois (un de ses bons amis), l’auteur et rappeur qui s’est fait connaître au sein du trio Loco Locass a suivi toutes les étapes de la création du film.

« Je trouve ça trippant de voir à quel point c’est un travail d’équipe, admet-il. Il y a plein de gens qui ont mis leur talent au service de cette histoire que j’ai écrite. Je suis content aussi parce que c’est la fin d’un long processus. Avec Tristan, on a commencé à plancher sur ce film en 2011. Et moi, j’avais cette histoire-là en tête au moins deux ans avant avec l’écriture du roman. Donc, ça fait quasiment 10 ans que cette histoire-là m’habite. »

Second roman de Biz, La chute de Sparte a été publié en 2011 et a connu un beau succès auprès des jeunes, au point où il est aujourd’hui lu dans les écoles. Le livre (tout comme le film) nous amène dans l’univers de Steeve Simard (joué par Lévi Doré), un adolescent de 16 ans solitaire et intellectuel qui devra sortir de sa bulle suite à un événement tragique survenu dans son école secondaire de Saint-Lambert.

« Tristan (Dubois), qui est un bon ami à moi, est venu au lancement du livre en 2011. Après l’avoir lu en une journée, il m’a rappelé en me disant : “Je pense qu’il y a un film à faire avec cette histoire”, raconte Biz.

« On a eu une première rencontre peu de temps après pour commencer à écrire le scénario ensemble. Ce qui est le fun avec Tristan, c’est qu’il a apporté un regard de cinéaste à cette histoire. Rapidement, il m’a dit : “C’est bien, tu n’es pas attaché à chaque virgule de ton livre.” Personnellement, j’y ai vu l’occasion de raconter cette histoire d’une autre façon et en changeant des éléments que j’aimais moins dans le roman. C’est une chance qu’on n’a pas souvent en tant qu’auteur de pouvoir réécrire une histoire en essayant de l’améliorer. »

Revisiter son adolescence

Biz ne s’en cache pas : pour créer le personnage principal de La chute de Sparte, il s’est beaucoup inspiré de sa propre adolescence.

« Comme tous les personnages de mes livres, je pars de moi pour les créer, mais je dirais que c’est particulièrement vrai avec celui-là, note-t-il. Je me suis replongé dans mes années d’adolescence pour écrire le livre. Comme Steeve, j’étais un ado littéraire, critique et un peu cynique. Mais par contre, j’avais des amis contrairement à Steeve qui en a très peu. J’étais dans ma tête, je faisais du skate avec ma gang. Mais je n’ai pas vécu d’événement dramatique comme ce qu’on voit dans le film. »

À l’image du roman dont il est tiré, La chute de Sparte suit le modèle des films d’ados à l’américaine :

« C’est un film de genre et il y a donc des codes à respecter. C’est comme quand tu fais un film policier, il doit y avoir des cadavres à un moment donné. Là, on s’est dit : on va faire un film de high school américain avec la belle fille, la grosse brute et le petit nerd qui a du mal à sortir de sa tête. On a voulu faire un film qui goûte bon pour les jeunes avec du football, des poursuites et de la bonne musique. Mais on a voulu que ce soit aussi nutritif donc on a inclus aussi de la poésie, de la mythologie et des questions sur des problèmes sociaux comme l’intimidation et l’homophobie en arrière-plan. Il y a peut-être des jeunes qui vont se sentir interpellés par ça et qui vont avoir envie d’en parler après avoir vu le film. Ça, c’est la valeur ajoutée.

« On a aussi voulu garder la dimension poétique du livre. On la retrouve dans la narration et les références à Pierre Bourgault et à Gaston Miron. Combien de fois peut-on mettre des références à Miron dans un film québécois et encore plus dans un film d’ado au Québec ? C’est une de nos fiertés d’avoir réussi à le faire. »


► Le film La chute de Sparte prend l’affiche vendredi (le 1er juin).