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Sophie Cadieux: La fiction avant tout

Sophie Cadieux
Photo Pierre-Paul Poulin Sophie Cadieux

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Quelques jours avant de pouvoir aller la voir dans La vie utile, qui sera présentée à l’Espace Go du 28 mai au 1er juin dans le cadre du Festival TransAmériques, voici tous les coups de cœur littéraires de l’actrice Sophie Cadieux.

Vous vous rappelez ce qui vous a donné l’amour de la lecture ?

Il y avait beaucoup de livres chez moi. Une grande bibliothèque dans le salon, où il y avait toutes sortes d’ouvrages assez pratiques : encyclopédie de l’homme, encyclopédie de la santé, encyclopédie des maladies, encyclopédie de la naissance, guide sur les antiquités, etc. J’ai le souvenir d’en découvrir les images et de me raconter des histoires. C’est comme ça que les livres sont entrés dans ma vie.


Est-ce que vous lisez de tout, ou est-ce que vous avez des genres de prédilection ?

J’affectionne vraiment la fiction. Je suis une grande fan de romans, de nouvelles, de poésie et de romans graphiques, et de temps à autre, je vais glisser un petit essai. J’aime me faire raconter des histoires.


Jusqu’à présent, quels sont vos principaux auteurs préférés ?

Sophie Cadieux
Photo courtoisie

Mon « all star », c’est vraiment Marcel Proust. J’ai lu deux fois À la recherche du temps perdu, exception faite du dernier tome. Je n’étais pas prête à le voir vieux, alors j’en ai recommencé la lecture depuis le début pour apprécier la beauté de ses phrases qui se déplient sans arrêt. Je n’ai jamais vu quelqu’un qui observe aussi bien les défauts et les qualités de l’être humain. C’est incroyable comme il saisit l’essence de toutes sortes de caractères qui sont encore aujourd’hui aussi vrais.

Au Québec, ces temps-ci, je me suis entichée de Fanny Britt, une auteure que j’aime beaucoup entendre. Les tranchées : maternité, ambiguïté et féminisme, en fragments, son essai sur la maternité, m’a beaucoup plu. C’est une fille brillante qui se positionne avec force et fragilité dans son rôle de mère.


Si on vous demandait de dresser le palmarès de vos cinq romans coups de cœur, quels titres se glisseraient dans la liste ?

  • Unless d’Hélène Monette. Un roman québécois avec un personnage de jeune adulte qui se cherche, qui va avoir une phase délinquante. Son histoire m’a habitée longtemps.
    Sophie Cadieux
    Photo courtoisie
  • La poésie de Gérald Godin, dont l’œuvre complète a été publiée dans une anthologie intitulée Ils ne demandaient qu’à brûler.
  • Gatsby le magnifique de Francis Scott Fitzgerald. En le lisant, j’avais fait un film très puissant dans ma tête.
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    Photo courtoisie
  • Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer. J’adore ces personnages d’enfants héros lucides qui font face à l’adversité et qui nous offrent une relecture du monde à travers leurs yeux...
    Sophie Cadieux
    Photo courtoisie
  • Aveugles de l’artiste française Sophie Calle. Elle a demandé à des aveugles de lui parler des beautés du monde et elle les a pris en photo. C’est vraiment mon livre d’elle préféré.
    Sophie Cadieux
    Photo courtoisie

Que lisez-vous, quand vous avez envie de vous détendre ?

J’aime bien lire les journaux du week-end et les étirer pendant toute la semaine. Quand j’ai cinq minutes devant moi, plutôt que d’aller sur internet, je lis un court article !


Et que lisez-vous en ce moment ?

Sophie Cadieux
Photo courtoisie

Je travaille sur une mise en scène de Fanny et Alexandre, alors j’ai commencé à lire l’œuvre d’Ingmar Bergman. Mais sinon, je lis Gérard : cinq années dans les pattes de Depardieu de Mathieu Sapin, une bande dessinée sur Gérard Depardieu. L’auteur a passé cinq ans avec l’acteur, qui est parfois un ogre et d’autres fois, tout doux ! C’est vraiment très réjouissant.


Vous pouvez nous parler de votre toute dernière découverte ?

En fait, j’en ai deux : Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier, qui est assez poétique, et Ces hommes qui m’expliquent la vie de Rebecca Solnit, un essai dans lequel l’auteure revient sur toutes les fois où elle s’est fait rabrouée, où les hommes la traitaient comme une jeune étudiante. C’est extrêmement drôle.


Est-ce qu’il y a un personnage de roman que vous aimeriez un jour vraiment incarner, que ce soit à la télé ou au cinéma ?

Là encore, j’ai deux réponses : Bérénice Einberg de L’avalée des avalés de Réjean Ducharme, mon roman fétiche que je relis aux cinq ans. J’ai eu la chance d’en faire une lecture avec Lorraine Pintal il y a deux ans et ç’a été un grand moment.

L’an dernier en vacances, j’ai lu Anna Karénine de Léon Tolstoï et c’est un personnage que j’aimerais faire parce que c’est une femme particulièrement complexe. Au début, on se dit « mais quelle conne ! », sauf que par la suite, on réalise à quel point elle est courageuse !