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La gratuité pour la moitié de la classe moyenne

Une promesse surprise du PQ pour le postsecondaire

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a prononcé le discours de clôture lors du conseil national de sa formation politique, dimanche, à Drummondville.
Photo Agence QMI, Adréanne Lemire Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a prononcé le discours de clôture lors du conseil national de sa formation politique, dimanche, à Drummondville.

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DRUMMONDVILLE | À la surprise générale, le Parti québécois a pris un nouvel engagement dimanche en promettant l’abolition des frais de scolarité au cégep et à l’université pour les enfants de ménages qui se trouvent sous le revenu médian.

« Notre objectif, c’est que, dans le premier mandat, on aille jusqu’au milieu de la classe moyenne. C’est-à-dire que pour tous les enfants de milieu modeste, classe moyenne inférieure et jusqu’au milieu de la classe moyenne, les droits de scolarité soient à zéro », a affirmé le chef péquiste Jean-François Lisée à la clôture du conseil national de sa formation politique à Drummondville.

Son parti établit le milieu de la classe moyenne à 59 200 dollars par ménage.

Toutefois, le revenu médian est « une cible mouvante et on va vouloir bouger avec elle », précise M. Lisée.

Plateforme électorale

Un gouvernement Lisée étendrait ensuite la gratuité à l’ensemble des étudiants advenant d’autres mandats. La mesure était déjà évoquée dans le programme du parti, mais elle n’avait pas été détaillée.

Le chef péquiste estime que sa promesse coûterait environ 400 millions de dollars, sans préciser où il compte prendre l’argent pour la financer.

« Il n’y aura pas de hausse du fardeau fiscal », promet-il toutefois.

Aux niveaux primaire et secondaire, le Parti québécois s’engage également à mettre en place une « gratuité réelle », en abolissant les frais supplémentaires imposés aux parents.

Cégeps anglophones

Par ailleurs, la diminution du financement des cégeps anglophones, âprement négociée lors du dernier congrès du PQ en échange de l’abandon de l’application de la loi 101 aux cégeps, ne se retrouve pas dans la plateforme électorale du parti dévoilée dimanche.

Le chef péquiste se défend toutefois d’avoir abandonné la mesure. « La position de septembre dernier, c’est notre position », assure Jean-François Lisée. En bonifiant l’offre en anglais dans les cégeps francophone, le réseau anglophone deviendra moins attrayant, et nécessitera donc moins de financement, calcule-t-il.

Alors qu’il militait en faveur de l’application de la loi 101 aux cégeps, le président de l’exécutif de Beauharnois se dit aujourd’hui satisfait. « On a pris un autre chemin, qui donne le même résultat », estime Marc Laviolette.

Laïcité et français

D’autres engagements du PQ dévoilés dimanche risquent de relancer les débats sur la laïcité et la langue. Sous un gouvernement Lisée, 100 % des futurs immigrants devraient maîtriser la langue française avant d’être admis sur le territoire, tandis que la loi 101 serait étendue aux entreprises de 25 à 50 employés.

En matière de laïcité, il serait interdit aux juges, procureurs, gardiens de prison et policiers d’arborer des signes religieux. La mesure s’appliquerait aussi aux enseignants et éducateurs en garderie, mais un droit acquis s’appliquerait pour les personnes déjà en poste.

 

Quelques promesses électorales du PQ

  • Réduire le financement des écoles privées.
  • Tarif unique de 8,05 $ pour un premier enfant en CPE et de 4 $ pour un second enfant. Le troisième fréquenterait le service de garde gratuitement.
  • Les enfants des familles dont le revenu n’excède pas 34 000 $ annuellement fréquenteraient eux aussi le CPE gratuitement.
  • Intégrer des balises pour les accommodements religieux, ainsi que le principe de la laïcité de l’État, dans la Charte des droits et libertés de la personne.
  • Exclure les accommodements incompatibles avec l’égalité entre les hommes et les femmes.
  • Abolition du délai de prescription pour les recours civils en matière d’agression sexuelle.
  • Création d’un tribunal spécialisé pour les victimes de violence sexuelle ou conjugale au sein de la Cour du Québec.