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Il n’embauche que des personnes handicapées

Bdv210-242-515 : Anaïs Sabourin, 14 ans, est atteinte de paralys
Photo Carl Vaillancourt L’entrepreneur Bertin Savard, 54 ans, est très fier de son employée, Anaïs Sabourin, atteinte de paralysie cérébrale, qui vient au travail avec son chien Mira.

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RIGAUD | Un entrepreneur de la Montérégie embauche seulement des personnes ayant un handicap physique ou mental pour favoriser leur inclusion sociale.

Bertin Savard a ouvert son café Au Croissant 21 à Rigaud mardi dernier. L’homme de 54 ans, qui approche de sa retraite, voulait depuis longtemps ouvrir un restaurant qui servirait café, viennoiseries et sandwichs.

Son modèle d’affaires est différent des cafés habituels. Son commerce était avant tout l’occasion d’offrir une perspective d’emploi pour son fils de 24 ans, qui est atteint de trisomie 21, dit-il.

« Ici, on favorise la diversité. Nous n’embauchons que des personnes avec un handicap. On veut envoyer un message clair qu’ils sont des membres importants de notre société », pointe M. Savard.

Le propriétaire de l’entreprise mise actuellement sur plusieurs bénévoles, mais seulement deux employés. Il dit opérer son commerce sans aide gouvernementale.Outre son fils Jasmin Savard, une adolescente de 14 ans atteinte de paralysie cérébrale, Anaïs Sabourin, travaille les fins de semaine.

Compréhensifs

Les deux employés n’ont aucun problème à remplir leurs fonctions, estime le propriétaire. « Les clients sont vraiment compréhensifs. Ils savent que parfois ça va prendre un peu plus de temps, mais ils sont vraiment gentils avec moi », raconte Anaïs Sabourin, qui vient travailler avec son chien Mira pour l’assister.

Micheline Primeau est venue à trois reprises depuis l’ouverture. Elle trouve l’initiative de M. Savard rafraîchissante.

« J’ai enseigné durant 35 ans. J’ai eu des élèves avec des troubles. Tout le monde a le droit à une chance dans la vie », dit la cliente.

Le propriétaire se dit impressionné de voir à quel point le mot s’est passé rapidement.

« J’avais prévu des revenus entre 6000 et 9000 $ le premier mois. Ça marche tellement bien que je vais faire plus du double. Ça va me permettre d’embaucher d’autres employés plus tard », a-t-il expliqué.

M. Savard dit qu’il ne fera pas appel à des programmes gouvernementaux pour payer une partie du salaire de ses employés même s’il est admissible.

« C’est ma contribution comme entreprise pour une société meilleure », a-t-il ajouté.