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L’accès à un bar lui est interdit en raison de ses opinions politiques

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Un intellectuel connu pour ses prises de position pro-laïcité quittait un bar du Quartier latin à Montréal vendredi quand deux serveurs l’auraient accosté pour lui signaler de ne « plus jamais revenir ».

Jérôme Blanchet-Gravel raconte avoir été attablé une bonne partie de la soirée de vendredi avec l’un de ses amis à L’Amère à boire sur la rue Saint-Denis.

« On a pris 2-3 bières tranquilles. Il n’y a pas eu de problème jusqu’à ce qu’on aille payer l’addition », se souvient l’auteur de La face cachée du multiculturalisme.

Un premier membre du personnel est alors entré en contact avec son ami.

Puis un autre employé a directement interpellé M. Blanchet-Gravel pour lui dire de « ne plus jamais revenir ici », avant d’ajouter qu’il n’était pas « le bienvenu à Montréal » et qu’on le « traquerait » où qu’il aille.

Illégal

« C’est un événement déplorable. Ça concerne un seul employé et non tout le bar. Il a été rencontré et sanctionné », assure le propriétaire de l’endroit, Grégoire Roussel, qui rappelle que sa microbrasserie est ouverte à tous, peu importe leur opinion politique.

Interdire l’entrée d’un lieu public à une personne à cause de ses convictions politiques est illégal aux yeux de la Charte des droits et libertés de la personne.

« À moins que la personne tienne des propos qui incitent à la violence au sein de l’établissement », poursuit Me Julius Grey, spécialisé dans ce genre de cause.

Plainte envisagée

« Jamais on a tenu des propos de la sorte au bar. Au contraire, on a été des clients exemplaires », affirme Jérôme Blanchet-Gravel, qui n’écarte pas l’idée de porter plainte à la Commission des droits de la personne.