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Perquisition dans mon cerveau

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Je ne connais pas Julia Posca et Julia Posca ne me connaît pas. Mais elle dit connaitre mes pensées profondes.

Je sais qu’elle a une maîtrise en sociologie de l’UQAM et qu’elle est chercheuse à l’IRIS, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, un « think tank » de gauche. Il en faut.

Elle s’intéresse à l’économie politique du capitalisme avancé et à la transformation des rapports de classe et de la classe moyenne nord-américaine. Ça aussi, il en faut.

Mais aucune expertise en islamisme, psychologie ou analyse de texte. Et pourtant, c’est à partir de ces disciplines qu’elle m’a fait un grotesque procès d’intention cette semaine dans le blogue de l’IRIS, sur le site du Journal de Montréal.

Une voyante

Grosso modo, je suis « islamophobe » en raison de choses que je n’ai pas dites, mais que Mme Posca sait qu’elles existent dans ma tête. Ce que Charb de Charlie Hebdo appelait « perquisitionner le cerveau à la recherche de la moindre étincelle de racisme » dans son ouvrage posthume, Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes. Qu’elle devrait lire.

Le blogue commence par une analyse d’une entrevue — déplaisante — que j’ai accordée à Radio-Canada au sujet de ma nouvelle chronique à The Gazette.

Je sentais l’hostilité monter quand j’ai expliqué vouloir offrir aux anglophones un point de vue mal connu à propos de la laïcité et des relations interethniques, parce que les journalistes anglophones du Québec mesurent mal les risques liés à l’islam politique qu’ils analysent du point de vue du multiculturalisme et des droits de la personne.

Sous-entendu, selon Mme Posca, « la laïcité est menacée par les tenants de l’islamisme ». Euh, je n’ai jamais dit ça.

Quand j’ai dit qu’il faudrait presque qu’il se passe quelque chose de majeur pour que les journalistes anglophones prennent conscience des dangers de l’islamisme, l’animatrice a voulu me faire admettre que je faisais « de la prophétie autoréalisatrice ». Quoi ? Que je souhaite un attentat ?

Sous-entendu, selon Mme Posca, « les islamistes sont responsables d’attentats contre les Occidentaux et ils sont religieux ; il ne faut donc pas tolérer d’intrusion de la religion dans l’espace public. »

N’importe quoi

Enfin, elle se lance, méli-mélo, dans une critique du test des valeurs de la CAQ, de la discrimination que vivent les immigrants, des manifestations au chemin Roxham et des vilaines pancartes qui disent « Non à la charia au Canada ».

Elle rappelle qu’Alexandre Bissonnette voulait « sauver des gens » d’attaques terroristes, pour conclure que la campagne électorale se fera sur le dos des immigrantes et des immigrants et des communautés musulmanes, « pour ne pas dire sur celui des femmes musulmanes ».

Un cas classique d’islamogauchisme.

L’islamo-gauchiste est un reptile venimeux, blanc, sourd, muet, aveugle et atteint du mal de la haine de soi qui recycle et régurgite les réelles discriminations dont sont victimes les musulmans pour attaquer les valeurs occidentales, allant même jusqu’à défendre le voile, le niqab, les mutilations génitales, l’homophobie, la peine de mort pour les apostats et autres aspects barbares de la charia pour être du bon bord de la vertu.

Sortez de ma tête, Madame Posca.