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Manque d’espace pour des psys dans un cégep

L’association étudiante dénonce la perte de plusieurs espaces

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Photo Vincent Larin Rizwan Khan dans le quartier général de l’association étudiante du Collège Ahuntsic qui doit être réservé pour accueillir des psychologues. Il dénonce cette approche qui privera les étudiants de plusieurs services.

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Le Collège Ahuntsic manque d’espace pour accueillir les spécialistes chargés d’aider les étudiants aux prises avec des problèmes psychosociaux au point où il doit s’approprier des espaces réservés aux activités étudiantes.

Le nombre d’étudiants cherchant de l’aide pour différents problèmes de stress ou d’intégration ayant bondi de 33 % dans les trois dernières années, le cégep situé sur la rue Saint-Hubert dans Ahuntsic, prévoit engager neuf personnes dans son équipe de spécialistes l’an prochain.

De nouveaux bureaux mais aussi des locaux permettant des rencontres privées avec les étudiants doivent donc être aménagés.

« En ce moment, on ne réussit pas à donner les services », admet le directeur des communications de l’établissement, Éric Léveillé.

Or, la demi-douzaine de locaux que l’administration de l’établissement compte utiliser est présentement utilisée par des comités et un service d’imprimerie sous la responsabilité de l’Association générale des étudiants du Collège Ahuntsic (AGECA).

Son président, Rizwan Khan, dénonce l’approche de l’administration qu’il qualifie de « paradoxale ».

« On ne peut pas d’un côté dire qu’on veut bonifier les services aux élèves et de l’autre, couper dans les ressources à la vie étudiante. Ça fait partie de la vie scolaire ça aussi, les études c’est pas juste de rester dans nos bouquins », plaide-t-il.

Près de 3000 étudiants, sur les 8000 que compte le collège, pourraient être affectés de près ou de loin par la perte des locaux de l’AGECA, selon ses estimations.

Il ne nie pas les besoins en termes d’aide psychologique des étudiants, mais croit que l’administration fait fausse route.

Court terme

Un avis partagé par le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Jason St-Amour, qui représente près de 71 000 étudiants.

« Ça ne peut pas être une solution à long terme d’enlever des locaux aux associations étudiantes pour accueillir des ressources psychosociales », déplore-t-il, ajoutant que plusieurs autres associations étudiantes du Québec sont aussi privées d’une partie de leurs locaux.

Le porte-parole du Collège, Éric Léveillé, admet qu’il s’agit d’une solution à court terme puisque le cégep veut offrir plus de services dès la prochaine rentrée scolaire, mais refuse de confirmer si des discussions sont en cours avec le gouvernement pour agrandir l’établissement.

Plus de responsabilités

En général, le fait que de plus en plus d’étudiants cumulent les responsabilités peut expliquer une partie de la hausse des problèmes psychosociaux, selon le président de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay.

« Il y a beaucoup d’anxiété associée au fait d’être un jeune adulte : des obligations financières, un travail, des études, une vie amoureuse, des amis. Ce n’est pas simple et c’est normal qu’ils en témoignent », indique M. Tremblay.

Mais certains groupes d’étudiants sont plus concernés, selon lui.