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Coupable d’exister

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C’est presque un rituel : de temps en temps, une « étude » sort pour expliquer que si de jeunes musulmans du Québec se sont laissés « radicaliser », comme on dit aujourd’hui, c’est à cause de la Charte des valeurs, portée de 2013 à 2014 par Bernard Drainville et le gouvernement du Parti québécois. Et comme il se doit, une nouvelle « étude » vient reconduire ce procès.

Islamisme

Amarnath Amarasingam, de l’Institute for Strategic Dialogue, nous apprenait la semaine dernière que la conversion islamiste de certains jeunes musulmans s’expliquait d’abord par l’intolérance réelle ou perçue de la société québécoise.

On comprend le message : la société québécoise n’a qu’elle-même à blâmer. Le multiculturalisme a le monopole de la tolérance. Qui s’en éloigne menace la paix civile et crée les conditions de la révolte chez les jeunes immigrés qui ne se sentiront plus inclus dans la société. On comprend dès lors que si notre société veut éviter les soucis et la violence, elle doit se tenir loin de la laïcité et céder à toutes les demandes d’accommodements ethnoreligieux. Si les mots ont encore un sens, on appelle cela du chantage identitaire.

On ajoutera toutefois que ce discours n’est pas spécifiquement québécois. En Europe, régulièrement, après un attentat, on entend jouer la même cassette : on se demande chaque fois comment la société européenne a pu pousser vers l’extrémisme islamiste les jeunes personnes qui y cèdent. Toujours, c’est la société d’accueil qui est coupable.

Chantage

En gros, le terroriste, avant d’en devenir un, aurait été une victime de la fermeture identitaire occidentale. C’est la même logique qui pousse les médias, après un attentat islamiste, à d’abord s’inquiéter de l’islamophobie, comme si la réflexion sur la difficile intégration de l’islam en Occident en relevait nécessairement.

On comprend dès lors qu’une puissante censure pèse sur la vie politique en Occident. Elle n’est pas à la veille de se lever.