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Ponts et éoliennes vendus à des étrangers

Pont A25
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin

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La foutaise des PPP

Les partenariats privé-public (PPP) n’ont de partenariat que le nom. En fait, il s’agit d’une privatisation en bonne et due forme. Les gouvernements hypocrites, pour mieux faire passer la dilapidation de nos services et biens publics cédés à des intérêts privés, présentent ça à la population en parlant de partenariats privé-public. En fait, tout appartient au privé qui gère à sa façon, jusqu’à hausser les tarifs comme bon lui semble. La seule participation du «partenaire» public est de gaver son «partenaire» privé de fonds publics. On vous ment aussi lorsque l’on vous dit que dans le cas des PPP tous les risques sont assumés par le pseudo-partenaire privé. Dans tous les PPP, l’État a toujours eu à payer pour des «extras» et à réviser à la hausse le coût global des contrats.

Des ponts vendus à des étrangers

Comme la privatisation de la santé, du transport public (REM), de l’éducation, des garderies, des aqueducs, etc., la privatisation des autoroutes et des ponts coûte beaucoup plus cher à la population en raison de l’ajout d’un intermédiaire privé avec toute sa structure administrative et des frais d’encadrement pour les gouvernements. Avec des ponts et des autoroutes publics, vous payez par le biais de vos impôts. Vous êtes-vous déjà demandé à combien s’élèvent les coûts supplémentaires des autoroutes et des ponts privés pour les frais de gestion (facturation, encaissements, recouvrements, etc.) et le rendement exigé par le propriétaire privé en plus des coûts nouveaux à assumer par les utilisateurs (facturation, paiements, etc.)? Et n’oubliez pas que dans ces autoroutes et ponts privés, l’État doit toujours verser des milliards en subventions publiques. C’est donc dire que même si vous n’utilisez jamais ces infrastructures, vous devez payer par le biais de vos impôts qui servent alors à les saupoudrer de fonds publics.

La dilapidation de nos biens et services publics

La privatisation est censée amener plus de concurrence et faire baisser les prix. Ça, c’est le dogme. Mais, dans les faits, il n’y a pas plus de véritable concurrence et les prix augmentent. Regardez le cas de la santé privée aux États-Unis, qui est de beaucoup la plus chère au monde, où le patronat doit payer pour de gros hôpitaux privés et de grosses primes à des assureurs privés. Les assureurs privés sont absents dans un régime de santé publique, ce qui fait baisser les prix.

Dans les vrais faits, privatiser les autoroutes, les ponts, les aqueducs, l’électricité coûte nettement plus cher aux contribuables. Alors pourquoi nos gouvernements s’obstinent-ils à les privatiser quand même? C’est parce qu’ils sont inféodés, asservis et corrompus par la classe dominante?

Nos deux ponts appartiennent à des étrangers

Une récente nouvelle est passée presque inaperçue, soit celle publiée dans Le Journal de Montréal du 24 mars 2018: «Un géant australien rafle à la Caisse le pont de l’A25. La transaction de 858 M$ devrait être conclue fin 2018.» La belle affaire! Quand on est rendu à vendre nos ponts à des étrangers, c’est que l’on est full colonisé, jusqu’à l’os. Le pont de l’autoroute 25 relie Montréal (à l’est) à sa banlieue nord (Laval, Terrebonne, etc.). Imaginez un peu le ridicule de l’affaire: des gouvernements asservis privatisent nos services et biens publics qui, par la suite, sont vendus à des étrangers.

En passant, l’article du Journal dit: «Un géant australien rafle à la Caisse...» La Caisse de dépôt et placement du Québec est une autre acrobatie trompeuse imaginée par nos élus pour privatiser en douce nos instruments collectifs (comme c’est le cas avec le REM) qui agira comme intermédiaire pour mieux les vendre à des affairistes par la suite. Un autre subterfuge pour mieux vous endormir en se disant que la pilule va mieux passer si on privatise nos instruments collectifs à la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Quant à l’autoroute 30 entre Châteauguay et Vaudreuil-Dorion, dans laquelle les gouvernements fédéral et provincial ont déboursé des milliards de dollars en fonds publics sans rien obtenir en retour, elle a été cédée aux firmes espagnoles Acciona (travaux publics et énergie) et Iridium (gestion d’autoroutes). Bravo! On appelle ça la servitude volontaire: «Autoroute 30. Le contrat accordé à une société espagnole» (La Presse, 20 juin 2008). En passant, gérer une autoroute ou un pont privé est plus facile qu’administrer un dépanneur, sans oublier que c’est sans risque et sans concurrence. Ce sont des vaches à lait qui s’enrichissent sur le dos des consommateurs captifs pris en otages.

Privatiser à petites doses Hydro-Québec

Je ne dis pas non à l’éolien au Québec, mais des politiciens vraiment honnêtes auraient mandaté comme il se doit Hydro-Québec pour s’en charger. Il est celui qui achète toute l’électricité, à gros prix, produite par les éoliennes et les barrages que les gouvernements ont privatisés majoritairement au profit de firmes étrangères. Alors, les chanceux à qui nos gouvernements asservis ont cédé la production d’électricité par le biais d’éoliennes privées s’en mettent plein les poches, car ils ne font face à aucune concurrence et toute leur électricité produite est vendue énormément cher à Hydro-Québec sans aucun risque. En dernier ressort, qui paie pour ces cadeaux? Ne vous demandez pas pourquoi votre facture d’électricité augmente chaque année. Il faut bien faire vivre les affairistes avec leurs barrages et éoliennes privés. Je trouve assez minable que le Parti libéral du Québec et son ministre de l’Énergie, Pierre Moreau, se félicitent non seulement de privatiser en partie Hydro-Québec, mais en plus d’avoir cédé les éoliennes massivement à des opportunistes étrangers: «Énergie. La propriété étrangère des parcs éoliens n’inquiète pas Québec (c’est-à-dire le PLQ)» (Le Journal de Montréal, 28 octobre 2017). Que d’âneries fournies par le ministre libéral pour essayer de justifier la dépossession tranquille de nos biens, services et instruments collectifs et de nos ressources naturelles! Et ça passe comme du beurre dans la poêle. C’est ce même gouvernement libéral qui vient nous dire que la vente de Rona à l’américaine Lowe’s est une bonne affaire pour le Québec, de même que le don de la C Series à la française Airbus après y avoir englouti des milliards de dollars en fonds publics.

Bah, il ne faut pas s’inquiéter

L’ex-ministre libéral des Finances, Raymond Bachand, a dit comme Pierre Moreau et Dominique Anglade: «Soyez colonisés et soyez heureux de l’être!» (Bachand ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère – La Presse, 30 novembre 2017) La vedette économiste, le professeur universitaire Pierre Fortin, a dit la même chose. Même l’ancien président de la Caisse de dépôt Henri-Paul Rousseau, qui a transféré chez Power après nous avoir fait perdre des milliards de dollars dans des papiers commerciaux pourris, a dit à l’époque: «Rousseau dédramatise la propriété étrangère» (Le Devoir, 9 mai 2007). Comme argument-choc, ces sages et experts vous serinent que nos entreprises investissent aussi beaucoup à l’étranger. Par contre, ils omettent toujours de vous mentionner les milliards de dollars investis par nos fleurons québécois et canadiens à l’étranger, oui, mais dans des paradis fiscaux afin d’esquiver l’impôt à payer au Québec et au Canada.