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Tarifs sur l'acier et l'aluminium: pas question d’une guerre commerciale, dit Québec

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
Photo Simon Clark Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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Le gouvernement Couillard ne privilégie pas une guerre commerciale avec les États-Unis, malgré l’imposition d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium par l’administration Trump.

«C’est une mauvaise décision pour les Américains, a déploré le premier ministre Philippe Couillard jeudi matin. Ils viennent d’augmenter le coût de toute leur industrie manufacturière et de leur industrie de la défense. C’est totalement illogique.»

À une semaine du Sommet du G7 et en pleine renégociation de l’ALENA, l’administration Trump a imposé des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.

Malgré cela, Québec ne souhaite pas que le gouvernement fédéral réplique avec des tarifs douaniers sur les produits américains. «Vous savez, c’est une escalade quand on va dans ce sens-là, souligne la ministre de l’Économie, Dominique Anglade. Le Québec n’a jamais été favorable à l’idée de répondre [au] protectionnisme en faisant du protectionnisme.»

«On ne veut pas aller dans cette direction», a-t-elle ajouté.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
Photo Simon Clark

Influencer les Américains

Le gouvernement Couillard «condamne sans réserve» l’imposition de tarifs douaniers, a ajouté la ministre de l’Économie.

Depuis l’arrivée en poste du président Donald Trump, le gouvernement Couillard multiplie les rencontres avec des représentants américains à tous les niveaux pour tenter d’éviter des mesures protectionnistes des Américains.

Québec entend poursuivre dans cette voie. La ministre Anglade et sa collègue ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, rencontreront d’ailleurs des représentants de l’aluminium et de l’acier en marge du Sommet du G7, la semaine prochaine.

«On va défendre bec et ongles les intérêts du Québec là-dedans, assure Dominique Anglade. C’est plus de 30 000 travailleurs qui sont dans l’industrie.»

Coup dur pour l’économie

La ministre reconnaît toutefois que la décision américaine aura probablement un impact sur l’économie québécoise. «C’est sûr qu’une décision comme celle-là peut provoquer un ralentissement, d’un point de vue économique, sur les ventes, dit Dominique Anglade. Mais c’est un ralentissement de part et d’autre. C’est un cercle vicieux, parce que ça a des impacts sur l’économie québécoise, mais sur l’économie américaine également.»

Au Salon bleu, le PQ a demandé au gouvernement de dévoiler son plan pour venir en aide aux entreprises touchées. «J'aimerais juste savoir, concrètement, ce qui va être fait pour les emplois dans nos régions. Qu'est-ce que vous allez faire, précisément? Est-ce que vous allez porter un secours quelconque à nos entreprises, qui vont voir, probablement, leur chiffre d'affaires diminuer? On parle d'entreprises qui sont névralgiques pour notre économie», a souligné le porte-parole péquiste en matière de finances, Nicolas Marceau.

«Cette décision envoie un très mauvais message, a pour sa part commenté par écrit Benoit Charette, porte-parole de la CAQ en matière de relations internationales. [...] Les gouvernements d’Ottawa et de Québec doivent se tenir debout et défendre par tous les moyens possibles nos industries de l’acier et de l’aluminium.»