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C’est fini les stripteases dans un bar de campagne

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La Régie des alcools vient de décréter la fin des stripteases dans un bar de danseuses de la Montérégie, car les employées utilisaient les isoloirs pour offrir des services sexuels aux clients.

Les clients du bar La Marraine n’achetaient pas que de l’alcool : 20 $ pour une danse, de 60 à 80 $ pour une fellation et de 100 à 120 $ pour une relation complète.

Les habitués de l’établissement situé à Saint-Louis, entre Saint-Hyacinthe et Sorel-Tracy, devront trouver un autre endroit où se rincer l’œil puisque les spectacles avec nudité y seront désormais interdits, a tranché la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) dans une décision récente.

De plus, le bar La Marraine devra fermer ses portes pendant 15 jours, car la RACJ a suspendu le permis d’alcool de la propriétaire, Lily Bouthillette.

« Comme à la Ronde »

« La Régie va donner une dernière chance à la titulaire de redresser la situation », ont indiqué les régisseurs Marc Savard et Jocelyne Caron, précisant qu’ils auraient pu révoquer complètement les permis du bar.

Entre juin 2015 et février 2017, des agents doubles de la Sûreté du Québec se sont rendus à six reprises au bar La Marraine. Chaque fois, les danseuses leur ont offert des services sexuels moyennant rétribution.

« Ici, c’est comme à La Ronde. Tu dois essayer tous les manèges pour savoir lequel tu aimes le mieux. Tu payes et tu fais tout ce que tu veux », a dit l’une d’entre elles à un agent d’infiltration.

Clients et employées parlaient des extras offerts sans la moindre gêne, si bien que les policiers sous couverture ont vu un homme dire à la propriétaire qu’il allait « faire un changement d’huile » en mimant une fellation.

« Pour 100 $, on baise comme tu veux et tant que tu es capable », a également dit une effeuilleuse à un client.

Parfois, les gémissements provenant des isoloirs étaient si forts que la serveuse devait monter le volume de la musique.

Pas de la prostitution

Lors de l’audience, Lily Bouthillette a nié qu’il y avait de la prostitution dans l’établissement qu’elle gère depuis 1995.

« À son avis, les danses contact ne sont pas de la prostitution [et si] elle vérifie de trop près les isoloirs, les clients ne viendront plus », lit-on dans la décision.

Pourtant, le permis de la propriétaire a déjà été suspendu pour des raisons semblables pendant trois mois, en 2002.

Jugeant que le témoignage de Mme Bouthillette était « rempli de cécité et peu crédible », la RACJ a statué qu’elle n’a « pas la compétence requise pour exploiter » un bar de danseuses, et ce, même si elle « jouit d’une longue expérience » dans le domaine.

Lily Bouthillette n’a pas rappelé Le Journal.