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Courteau réplique à Lupien

Le commissaire n’a pas apprécié que l’agent se mêle du dossier du statut des joueurs

Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau estime que les joueurs seraient perdants s’ils étaient considérés comme salariés.
Photo Roby St-Gelais Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau estime que les joueurs seraient perdants s’ils étaient considérés comme salariés.

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SHAWINIGAN | Le commissaire Gilles Courteau a profité de sa conférence de presse aux assises de la LHJMQ, vendredi, pour en découdre avec ceux qui exigent que les joueurs de son circuit obtiennent le statut de salariés et qu’ils ne soient plus considérés comme des athlètes-étudiants.

Jeudi à l’Assemblée nationale, le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, flanqué de l’agent de joueurs Gilles Lupien, avait exigé que le gouvernement n’acquiesce pas à la requête de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) visant à se soustraire de l’article 1 de la loi 176 sur les normes du travail.

S’il a reconnu que l’application intégrale des normes du travail n’était pas réaliste pour les joueurs de la LHJMQ, Gabriel Nadeau-Dubois a demandé le retrait de l’article 1 et le temps de « trouver un encadrement légal qui est conforme à la réalité du hockey de 2018 au Québec ».

Affirmant ne pas vouloir s’immiscer dans le débat politique, débat que la ligue a pourtant amorcé en demandant cette exemption, Courteau a mis en lumière le passé de Gilles Lupien, qui fut au siècle dernier, propriétaire de la concession des Chevaliers de Longueuil.

« Je vais laisser la ministre (du Travail, Dominique Vien) répondre au député Nadeau-Dubois durant les débats sur l’amendement. Quant à Gilles Lupien, c’est quelqu’un qui chante le même refrain depuis 30 ans et comme le dit mon épouse, il est off beat ! » a dit Gilles Courteau.

« Il a été propriétaire d’une équipe pendant six ans. Pourtant, quand il déblatère contre notre ligue, personne ne lui rappelle ce fait. Au terme de la saison 1987-88, la situation financière des Chevaliers était si désastreuse qu’on lui avait permis de les déménager à Victoriaville même si la date limite pour les transferts était dépassée depuis quelques mois. Puis il a vendu (les Tigres) en 1991 parce qu’il perdait de l’argent. Il connaît le contexte (financier) et je n’ai pas souvenir qu’à cette époque, son objectif était d’améliorer les conditions des joueurs. »

Salariés et autonomes

Les joueurs de la LHJMQ touchent une allocation hebdomadaire de 60 $. Si cela semble peu aux yeux de certains pour une prestation de travail aussi exigeante (matchs, entraînements, voyagement), en revanche, les joueurs sont logés, nourris, blanchis, instruits et équipés par les clubs.

« Nous ne voulons pas donner aux jeunes les responsabilités de salariés. Notre priorité, c’est de les encadrer. Nous ne sommes pas parfaits, car nous sommes une famille à 18 pères et quelque 400 enfants, a insisté le commissaire qui aurait sans doute préféré mettre l’accent sur le 50e anniversaire de sa ligue. Nous sommes passés à travers beaucoup de tempêtes depuis 50 ans. Toutes les fois, on a fait des ajustements et pris des initiatives additionnelles pour mieux encadrer nos joueurs. Actuellement, chaque joueur coûte à son organisation 75 000 $ par année. »