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Lars Eller, une erreur d’évaluation

Lars Eller est un acteur important dans les succès des Capitals en séries éliminatoires.
Photo AFP Lars Eller est un acteur important dans les succès des Capitals en séries éliminatoires.

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De prime abord, Marc Bergevin pouvait-il refuser l’offre des Capitals de Washington ? Deux choix de deuxième ronde, le premier en 2017, le Canadien ayant sélectionné Joni Ikonen, un centre, et le deuxième des deux choix sera identifié dans quelques semaines.

Lars Eller venait de compléter une saison décevante : 13 buts et 13 mentions d’aide, 26 points en 77 matchs et un différentiel de moins 15.

S’agissait-il d’une offre que vous ne pouviez refuser ?

En réalité, c’était Eller plutôt que Tomas Plekanec, qui venait de compléter une saison de 54 points, dont 14 buts. La saison suivante, Plekanec bouclait l’année avec 10 buts. Oups...

À voir Eller depuis le début des séries, on s’interroge.

L’a-t-on mal évalué ? La garde rapprochée de Bergevin, encore une fois, a-t-elle analysé les qualités et les faiblesses du Danois sans s’arrêter sur l’environnement dans lequel il évoluait, sans accepter que les erreurs du passé avaient retardé le développement de plusieurs patineurs.

Dans le dossier Eller, les analyses étaient sévères.

  • C’est un grand flanc mou.
  • Il est capable du meilleur et du pire, mais trop souvent du pire.
  • Il manque de fini autour du filet adverse.
  • Il ne parvient pas à améliorer les performances de ses compagnons de jeu.

Bref, la liste était longue.

Un défenseur d’Eller

J’ai toujours été un défenseur d’Eller. Et je reconnais que les arguments à son sujet ne laissaient pas trop de place à la discussion. Par contre, je crois sincèrement que son évaluation était erronée puisqu’il

évoluait au sein d’une équipe qui ne parvenait jamais, année après année, à bien encadrer les jeunes joueurs.

Carey Price, à l’époque, faussait la donne. Par conséquent, le Canadien pouvait s’en sortir.

Il reste qu’on a lancé la serviette dans le cas de Eller. On a bien failli lancer la serviette dans le cas d’Alex Galchenyuk, bien qu’on ne sait toujours pas si le jeune homme parviendra à sortir du peloton.

On les a blâmés pour leur manque d’effort, pour leur jeu incohérent. Mais qu’a-t-on fait pour ajouter à leur savoir-faire ? Qu’a-t-on fait pour les aider à gravir les échelons ?

On a toujours négligé un élément important : l’encadrement. Qu’a-t-on fait pour permettre aux jeunes attaquants de pouvoir s’illustrer dans l’adversité ? Pour y parvenir, il faut avoir des vétérans capables d’assurer cette responsabilité. Il est primordial pour les décideurs d’une organisation que les jeunes joueurs puissent grandir avec des vétérans capables de tenir les guides à deux mains.

Les Capitals : qu’ont-ils vu ?

Pourquoi les Capitals ont-ils cru en Eller ? Pourquoi a-t-on convaincu Marc Bergevin avec deux choix de deuxième ronde ? Qu’ont-ils vu chez Eller qui semble avoir échappé à l’organisation du Canadien ?

Ils n’ont pas acquis Eller pour en faire un joueur de centre de premier niveau, non ? Ils ont acquis Eller pour ajouter de la profondeur à leur équipe. Derrière Nicklas Backstrom et Evgeni Kuznetsov, on lui a confié des responsabilités accrues : infériorité numérique, deuxième vague en supériorité numérique, mises en jeu importantes.

Et surtout, on a fait de lui un dépanneur de luxe.

Backstrom a été blessé pendant quelques matchs. Sans aucune hésitation, Barry Trotz a demandé à Eller de prendre la relève. Kuznetsov tombe au combat : qui le remplace ? Lars Eller.

Le Danois est toujours capable du meilleur et du pire. Mais, deux ans après son départ de Montréal, il est capable du meilleur plus souvent que du pire. Exemple : moins trois dans le premier match de la série finale. Trois points dans le deuxième. Avec une équipe qui lui confie un rôle lui convenant à merveille, il a récolté jusqu’à maintenant six buts.

Par conséquent, quand un directeur général ne parvient pas, après tant d’années, à résoudre un problème urgent comme celui de dénicher un joueur de centre de premier plan, il va assurément connaître un parcours marqué par les erreurs d’évaluation, puisque les jeunes joueurs ne jouissent pas d’un programme de développement adéquat.

C’est ce qui s’est produit dans le cas de Eller.

Bouchard et Ducharme

On croit que l’arrivée de Joël Bouchard et l’embauche de Dominique Ducharme avec la grande équipe permettront à l’organisation d’avoir une meilleure évaluation des effectifs.

Entre-temps, c’est beau deux choix de deuxième ronde pourvu que tu déniches des patineurs pouvant remplir le rôle important au sein de la formation de la Ligue nationale. Or, lors de la saison 2017-18, Joni Ikonen a terminé l’année avec une fiche de quatre buts et 10 passes pour 14 points. Euh...

Je vous pose la question : dans le contexte actuel, Eller serait-il considéré comme le joueur de centre numéro un du Canadien ? Possiblement oui, mais cela démontrerait à quel point il y a des carences à corriger chez le Tricolore.

Pendant tout ce temps, Lars Eller s’amuse comme c’est pas possible...