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La planète tennis se tourne vers le Canada

Coupe Rogers
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Denis Shapovalov

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En moins de 10 ans, le modèle de développement de l’élite de Tennis Canada est devenu best in class.

Eugène Lapierre, le vice-président de Tennis Canada et directeur de la Coupe Rogers souriait en me disant que les Français de l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) ont récemment envoyé un émissaire pour tenter de récupérer Louis Borfiga, le cerveau du programme de développement de l’élite de Tennis Canada.

Recruté en France en 2006 parmi une courte liste d’entraîneurs de classe mondiale, Borfiga a construit une structure qui fait maintenant l’envie des plus grandes nations du tennis.

L’objectif était d’amener au moins un joueur dans le top 50 mondial sur un horizon de dix ans. La mission était accomplie en moins de cinq ans.

La liste d’athlètes issus du programme canadien est impressionnante : Raonic, Bouchard, Peliwo, Shapovalov, Abanda, Auger-Aliassime pour ne nommer qu’eux.

Les ressources là où ça compte

Un des facteurs clés du succès est sans doute la sélection limitée à une dizaine de joueuses et joueurs. Toutes les ressources sont concentrées sur ce groupe à fort potentiel. Cinq entraîneurs de tennis, trois physiothérapeutes et un professeur assurent un encadrement complet en tout temps.

Il en coûte 100 000 $ annuellement à Tennis Canada pour chaque athlète intégré à la structure. Les parents contribuent à hauteur de 3000 $ à 5000 $. Les joueurs provenant de l’extérieur du grand Montréal sont logés dans des familles d’accueil non loin du stade IGA.

La terre battue

La recommandation de construire quatre terrains en terre battue aura été un impératif stratégique déterminant dans le plan de Louis Borfiga. L’extension des installations du parc Jarry inaugurée en 2011 aura coûté près de 13 M$. Le tout financé par les contributions du fédéral, du provincial et du municipal.

Cet investissement permet au groupe d’élite de développer un éventail d’habiletés techniques beaucoup plus large qu’en jouant exclusivement sur terrain dur.

Les joueurs passent la majeure partie de leur temps d’entraînement hebdomadaire sur cette surface qui est aussi accessible au grand public.

Miser sur une grande réussite

En misant sur l’atteinte des plus hauts niveaux du classement mondial par quelques joueurs, Tennis Canada contribue directement à sa mission de développer et de faire jouer le plus grand nombre possible de Canadiens. L’émulation des athlètes à forte notoriété est la meilleure stratégie marketing.

Alors que Roland-Garros bat son plein, les récents succès de Denis Shapovalov, aujourd’hui 25e mondial, promettent de beaux jours pour le tennis canadien.

TENNIS CANADA EN CHIFFRES

Structure d’entreprise : OBNL

Revenus de la Coupe Rogers (Montréal et Toronto) : 15 M$ réinvestis dans le développement du tennis à l’échelle du Canada

Centre national d’entraînement : Montréal

Centres régionaux : 4 (Toronto, Vancouver, Calgary, Montréal)

Coût annuel du programme de développement de l’élite : 1,2 M$

Nombre de diplômés du programme depuis 2007 : 34

Le chiffre de la semaine: 66 millions $

Coupe Rogers
Photo Fotolia

Les bourses les plus élevées sont celles du dernier grand chelem de l’année, l’US Open (66 M$ CAN en 2017), devant Roland-Garros (39 M$ en 2018), Wimbledon (59 M$) et l’Open d’Australie (54 M$ en janvier 2018).