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Le nouvel ami de Trump

Le nouvel ami de Trump
Photo AFP

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Ce n’est certainement pas La Malbaie dans Charlevoix qui attire Donald Trump en ces temps de secousses sismiques internationales. Plusieurs observateurs américains, transformés depuis l’élection du 45e président des États-Unis en archéologues-psychiatres afin de cerner tous les replis de la psychologie profonde de cet homme à tous égards hors gabarit, croient même qu’il pourrait à la dernière minute bouder ce sommet.

Car l’aréopage de représentants des pays parmi les plus puissants (encore) au monde intéresse moins Donald, maître incontesté du vocabulaire limité et caricatural et des tweets vengeurs, que Kim Jong-un, le dictateur juvénile qui, obnubilé par son bouton rouge nucléaire, prend son plaisir à faire peur à la planète entière. Avec son physique de gros bouddha, ses accès d’hilarité et le mystère entourant sa vie privée, il s’est rendu psychologiquement inclassable.

Destructif

Depuis le début de son mandat, Donald Trump a décidé de briser les règles, les codes, les institutions et ses ennemis, qui sont nombreux. Il manifeste une attirance quasi maladive pour les hurluberlus politiques de tout genre à condition qu’ils lui expriment leur admiration et lui renvoient l’image de son génie négociateur. Il croit avoir neutralisé un petit malin à travers lequel il a cru reconnaître sa propre habileté. Mais ses mamours à Emmanuel Macron et ses compliments sur le physique de son épouse Brigitte, par ailleurs une femme très cultivée et instruite, n’ont pas eu l’effet escompté.

La première ministre du Royame-Uni ne l’impressionne nullement. De plus, les Anglais ne sont que des sous-Américains, selon Trump. D’ailleurs, les portes de Buckingham Palace restent fermées pour lui. Le premier ministre de l’Italie, un pays « d’empâtés », sera-t-il encore en poste après la réunion du G7, doit se demander le président ? Le dirigeant du Japon l’intéresse moins que celui de la Chine, cette dictature capitalo-communiste où le président est nommé à vie, le rêve pour Donald Trump.

Protectionniste

Angela Merkel, elle, incarne tout ce qu’il déteste. C’est une scientifique, une protestante puritaine humaniste, qui croit à l’Europe et à la mondialisation, les bêtes noires du protectionniste Trump. De plus, il hésite à lui donner la main qu’il réserve pour le pussy des femmes autrement plus excitant pour lui. Quant à Justin Trudeau, le président ne se cache pas pour le traiter d’enfant de c... Car le président veut mater le Canada. Il se fout de l’allié historique des É.-U.

En fait, Donald Trump n’admire que les dictateurs. Son préféré, Kim Jong-un, est le plus délirant, le plus rejeté au monde, mais il est prêt à lui accorder une légitimité.

Il a aussi un faible pour Poutine, il marche sur des œufs avec le président de la Chine et ne dédaigne pas l’évolution d’Erdogan en Turquie. Il faut y détecter une dimension inquiétante de sa personnalité.

À une autre époque, il aurait éprouvé une attirance certaine pour Hitler, du moins en 1938. Staline l’aurait impressionné de même que Mussolini, Franco et Salazar en Europe. La popularité du président américain chez l’électorat nous indique que la tentation totalitaire est toujours vivante dans nos démocraties par nature fragiles.