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Les yeux tournés vers le repêchage

Derek Aucoin
Photo d'archives Je n’ai jamais été repêché, mais j’ai adoré mes années dans la ligue des recrues.

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La séance de repêchage amateur du baseball majeur se poursuit. Hier se sont tenues les deux premières rondes. Aujourd’hui, nous allons apprendre qui sera choisi dans les rondes 3 à 10 et, demain, le repêchage se terminera avec les rondes 11 à 40.

Je ne peux m’empêcher de penser aux jeunes joueurs québécois admissibles pour le repêchage de cette année qui espèrent entendre leur nom appelé par l’une des 30 équipes des grandes ligues.

De mon côté, je n’ai jamais vécu le repêchage. Lorsque j’ai choisi de signer avec les Expos en 1989, les joueurs de baseball canadiens qui ne jouaient pas dans un collège américain étaient tous des joueurs autonomes.

Je n’ai jamais vécu la fébrilité, l’anticipation et la fierté que ces jeunes et leur famille vivront. Par contre, je me souviens très bien de la décision de me joindre à l’organisation des Expos, à 19 ans, et du privilège de faire mes premiers pas dans l’aventure du baseball professionnel.

Dès l’âge de 17 ans, je recevais des offres pour me joindre aux rangs professionnels. Mais je n’étais pas prêt. Je voulais poursuivre mes études et jouer pour l’équipe nationale des 18 ans et moins au Championnat du monde, en Australie. Ce n’est qu’après ce tournoi, et à la fin de mon année scolaire, que je prenais la décision de tenter ma chance dans le réseau de filiales de Nos Amours.

Quelques jours après ma signature, j’arrivais à Bradenton, en Floride, au complexe Pirates City, que les Expos partageaient avec les organisations des Pirates de Pittsburgh et des Braves d’Atlanta. Quel choc culturel ce fut pour moi !

Plus d’une centaine de joueurs de balle de partout sur la planète, entassés dans un tout petit complexe désuet qui comprenait dortoirs, vestiaires, cafétéria, salle communautaire, cages de frappeurs et quatre losanges de baseball.

Moment magique

La ligue des recrues n’avait rien du glamour des grandes ligues, croyez-moi ! Malgré tout, je n’oublierai jamais le feeling que j’ai ressenti la première fois que j’ai enfilé l’uniforme des Expos. C’était magique !

Même si c’est extrêmement difficile dans les ligues mineures, même si ça ne paye pratiquement pas, même si tu dois co-chambrer avec plusieurs autres joueurs pour tenter de sauver de l’argent, même s’il y a les longs voyages en autocar, même si tu te retrouves loin de ta famille, je referais le tout demain matin ! Je retournerais volontiers dans le temps pour jouer au baseball tous les jours et revivre cette aventure formidable, tout en sachant qu’un joueur de baseball professionnel n’a même pas 10 % de chances de se rendre dans les majeures.

Conseil aux repêchés

Pour vous qui recevrez l’appel, votre décision est sûrement déjà prise. Soit vous diriger vers un collège américain pour poursuivre votre apprentissage, décrocher un diplôme et essayer d’améliorer votre rang au repêchage, soit tenter votre chance et faire le saut dans le monde du baseball professionnel.

Peu importe la décision, ce qui est important, c’est de vous engager à fond. L’option des études aux États-Unis est un excellent choix si vous prenez vos études au sérieux et que votre objectif est de décrocher un diplôme.

Si votre choix est d’enfiler un uniforme professionnel, je vous dis bonne chance et je suis avec vous dans votre cheminement. Amusez-vous, travaillez fort, apprenez tous les jours, soyez un bon coéquipier et représentez bien votre famille et votre province. Profitez de chaque instant sur un terrain de baseball et n’ayez aucun regret. C’est quelque chose que vous n’oublierez jamais.