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Le retour de la violence

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On s’inquiète ouvertement des violences qui pourraient pourrir le sommet du G7 à La Malbaie. Avec raison.

Depuis le début des années 2000, les grandes rencontres internationales sont transformées en zones de guerre civile animées par les groupes d’extrême gauche, qui en profitent chaque fois pour lancer une offensive contre le « système ».

G7

Le commun des mortels peine à comprendre ceux qu’on appelle les « casseurs ». Nous sommes en démocratie : ces jeunes encagoulés ont-ils vraiment besoin de briser des vitrines et d’attaquer les policiers pour se faire entendre ? Pourquoi n’acceptent-ils pas de débattre comme tout le monde, en écoutant les arguments de leurs adversaires, plutôt que de chercher à leur casser la gueule ? Ne s’agit-il finalement que de voyous et d’une petite collection de crétins mal élevés à la recherche de sensations fortes ?

Il faut se mettre dans la tête des casseurs. Ils ne veulent pas prendre leur place dans le système, mais le faire exploser. En s’attaquant aux forces de l’ordre et à la propriété privée, ils veulent créer des tensions sociales et pousser la société aux extrêmes. Ils semblent convaincus d’une chose : une petite minorité résolue peut entraîner la société dans une dynamique révolutionnaire si elle parvient à profiter de toutes les crises sociales pour les radicaliser.

En gros, les casseurs savent ce qu’ils font. Ils parviennent en plus à attirer, au-delà des seuls fanatiques, de jeunes personnes, souvent de jeunes hommes, que la violence excite.

Élargissons nos perspectives

Nous fermons probablement la parenthèse de la démocratie apaisée qui a caractérisé la deuxième moitié du XXe siècle. Une conjoncture histo­rique inédite a permis aux sociétés occidentales de croire qu’elles tournaient la page de la violence. Elles étaient épuisées par les deux guerres mondiales, et la société de consommation a canalisé les passions dans un contexte de prospérité exceptionnelle. Certes, il y avait encore de la violence à l’extrême gauche, mais elle semblait résiduelle. Qu’on pense au FLQ pour s’en convaincre.

C’est triste, mais nous revenons peut-être à la normalité historique. On l’oublie, mais dans l’histoire, la violence et la politique allaient souvent de pair. La politique n’est pas qu’affaire de raison, mais de passion, et comme on le voit sur les réseaux sociaux régulièrement, la tentation est forte de monter aux extrêmes, quel que soit le débat. Certains résistent de moins en moins au désir de transposer ces querelles dans la vie réelle, comme on le voit quand des groupuscules de gauche et de droite se donnent rendez-vous à la frontière pour se cogner dessus.

Normalité

On ajoutera que dans les sociétés européennes marquées par l’immigration massive, on est en droit de craindre des tensions identitaires de plus en plus fortes, dont la violence islamiste ne sera que l’expression la plus brutale. Dans certains quartiers, c’est une violence quotidienne qui devient la norme, même si nous ne parvenons pas à le comprendre encore.

La démocratie apaisée est derrière nous. Mieux vaut le savoir pour contenir la violence à venir et préserver notre sécurité et nos libertés.