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La grande classe de Vettel

Les commentaires de l’Allemand sur Gilles sont venus du cœur

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Photo AFP

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Après avoir connu quelques ennuis la veille, Sebastian Vettel a su remettre les pendules à l’heure samedi en s’octroyant la position de tête.

Mais à part son brillant parcours, c’est sa réaction après la séance qui a retenu mon attention.

On l’a vu parler en bien de Gilles devant les journalistes dans le contexte des 40 ans de sa victoire à Montréal. Je suis convaincu que les fans ont aimé.

Et je suis aussi convaincu que ça venait du cœur, que ce n’était pas faux. C’était spontané.

Vettel a fait preuve de grande classe et ça l’honore. Et, à bien y penser, ça ne me surprend pas.

C’est un grand passionné de course automobile. Il connaît pratiquement tout. Il ne pouvait passer à côté de ce moment.

Mais bon, vous imaginez si Kimi Räikkonen n’avait pas loupé son meilleur tour ? On aurait pu voir les deux Ferrari sur la première ligne.

L’impact immense de Ferrari

Quand Ferrari réussit, c’est 30 % d’augmentation de l’auditoire à la télé. Son impact est énorme, quel que soit le pays. On veut voir Ferrari gagner.

Au niveau international, l’effet est présent. En fait, il y a Ferrari et... les autres.

Il n’y a aucune équipe, ni même Mercedes ou McLaren, qui a l’historique de la Scuderia. Ça prouve que la F1 ne peut se passer de Ferrari.

Pauvre Hamilton

Lewis Hamilton admet mal la défaite. On a bien vu qu’il n’était pas content de sa prestation.

Dans la dernière phase des qualifications, il a été dominé par son coéquipier, Valtteri Bottas, alors qu’il avait été pourtant le plus rapide de l’écurie Mercedes aux essais libres.

Il n’a pas aimé. On l’a rarement vu aussi déçu. Il prétend que ses chances de gagner sont très minces en partant du quatrième rang sur la grille de départ. On verra bien.

La parité

Trois écuries représentées aux trois premières places sur la grille de départ, c’est prometteur.

Ce qui m’a surpris, samedi, c’est que pour une rare fois, Mercedes s’est fait battre sur la longue ligne droite du bassin. Les deux Ferrari étaient plus rapides.

Ainsi, je pense que Vettel occupe une position confortable. Il partira premier. S’il n’y a pas d’aléas, d’interventions de la voiture de sécurité, il sera dur à battre.

Moment touchant

​Les gens me parlent beaucoup depuis le début du week-end du tour de piste que je vais effectuer ce dimanche après-midi au volant de la Ferrari gagnante de Gilles, ici, en 1978.

Quand on me demande si je suis anxieux, je réponds : absolument pas. Parce que c’est un défilé d’un tour. Il n’y a pas de stress ni d’adrénaline.

Je souhaite juste que le moteur ne surchauffe pas. Ces voitures ne sont pas conçues pour rouler lentement.

Moi, je suis plutôt excité à l’idée d’assister à un Grand Prix passionnant. De voir les six premiers tout proches sur la grille de départ. De voir notamment deux Red Bull s’élancer en hypertendres, les gommes les plus molles. Max Verstappen et Daniel Ricciardo vont avoir un avantage au départ. Ça promet.

Connaissant Verstappen, il sera certainement à surveiller. Il va se dire qu’il a trois virages pour prendre les commandes de la course depuis la troisième place.

Loi extrême

On m’a aussi demandé si j’allais porter un casque de Gilles. Eh bien non. La loi antitabac [il était commandité à l’époque par le cigarettier Marlboro] ne me permet pas de le faire. Surtout ici, où cette loi est extrême, malgré l’historique de l’événement et le buzz créé autour de la victoire de Gilles.

Quant à la combinaison de course, le problème ne se pose pas. Gilles était beaucoup plus petit que moi. Elle ne m’irait pas !

– Propos recueillis par Louis Butcher