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La vitesse est laissée au jugement des policiers

Un agent de filature de la SQ est accusé de conduite dangereuse

Patrick Ouellet, Accusé
Photo Chantal Poirier Patrick Ouellet, Accusé

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La décision de commettre un excès de vitesse pour suivre un suspect en filature est laissée au jugement du policier, a estimé un ex-haut gradé de la Sûreté du Québec dans le procès d’un agent accusé d’avoir causé la mort d’un enfant lors d’une collision.

« Ils doivent aller plus vite pour rattraper le sujet et utiliser toutes les opportunités pour reprendre le temps perdu », a affirmé jeudi Serge Vandal, l’ancien grand patron de la surveillance physique de la Sûreté du Québec (SQ) de 2012 à 2015.

Le 13 février 2014, Patrick Ouellet tentait de rejoindre l’équipe de filature qui suivait Robert Parent, un ancien directeur du Parti libéral, dans le cadre d’une enquête de l’UPAC.

Collision fatale

Il a percuté la voiture d’un père de famille. La collision a été fatale pour Nicholas Thorne-Belance, âgé de cinq ans.

Selon M. Vandal, le fileur doit tenir compte de son environnement, de la météo et des conditions de circulation avant d’ajuster sa conduite.

La responsabilité de passer en mode « rattrapage » et des moyens à prendre incombe toutefois « au jugement de la personne derrière le volant », a concédé le capitaine.

« L’infraction la plus courante est l’excès de vitesse », a-t-il ajouté.

L’agent Ouellet, accusé de conduite dangereuse causant la mort, a atteint une vitesse de pointe de 134 km/h dans sa Toyota Camry banalisée sur le boulevard Gaétan-Boucher, une zone de 50 km/h, avant la collision.

Le témoignage, pourtant demandé par la défense, a fait bondir le policier, qui a dû quitter la salle d’audience pour consulter son avocate.

Plus tôt dans la journée, le reconstitutionniste à la retraite Bradley Muir a affirmé en contre-interrogatoire que le père de la victime, Mike Jude Belance, a commis une « erreur » en décidant de s’engager dans l’intersection.

Selon lui, un conducteur raisonnable n’aurait pas fait la manœuvre sachant que la voiture qui arrivait en sens inverse circulait à haute vitesse, comme l’a déclaré le père aux policiers.

D’après M. Muir, l’automobiliste aurait eu le temps de tourner avant le passage de la voiture de l’accusé s’il roulait réellement à « entre 20 et 30 km/h » quand il a pris sa décision.