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Chicoutimi-Le Fjord: un baromètre du Québec à 16 mois des élections générales

Richard Martel
Photo Agence QMI, Roger Gagnon Richard Martel au Grand Defi Pierre Lavoie.

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Tout à gagner pour les conservateurs, tout à perdre pour les libéraux. Le résultat de l’élection partielle qui se tiendra lundi dans Chicoutimi-Le Fjord pourrait se répercuter aux élections générales de 2019, estiment des experts.

Tous les chefs fédéraux ont visité la circonscription québécoise cette semaine, alors qu’un sondage Segma Recherche-Le Quotidien-Radio-Canada plaçait les conservateurs en tête dans la dernière ligne droite de la campagne.

Avec 36,3 % des intentions de vote, le coloré ex-entraîneur de hockey Richard Martel pourrait ravir la circonscription aux libéraux, dont la candidate Lina Boivin se hisse en deuxième place avec 20 % d’appuis.

«Une défaite serait un signal d’alarme pour les libéraux en vue des prochaines élections. Ça pourrait être la consécration officielle de la fin de la lune de miel avec les Québécois», a observé le professeur à l’UQAM, André Lamoureux.

Le politologue croit que les électeurs pourraient être tentés de sanctionner le premier ministre Justin Trudeau pour ses «dérives», comme son entêtement face au Québec dans le dossier de la culture du cannabis à domicile ou son voyage en Inde.

Le résultat de lundi «peut être indicateur du succès des libéraux dans les circonscriptions francophones en 2019», souligne quant à lui le professeur de politique à l’Université Laval, Marc-André Bodet.

«Occasion inespérée» pour Scheer

Rien n’est toutefois joué d’avance. Après avoir perdu des plumes en début d’année, les libéraux pourraient profiter d’un regain d’approbation de leur chef en raison du conflit commercial qui oppose Ottawa et Washington.

Richard Martel
Photo AFP

Un coup de sonde Angus-Reid publié vendredi matin place le Parti libéral du Canada (PLC) à 36 % des intentions de vote au pays, contre 30 % en mars, une hausse attribuée au durcissement de ton de Justin Trudeau envers le président américain Donald Trump.

Reste qu’avec un candidat connu localement et une forte tradition «bleue nationaliste», la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord est un territoire fertile pour les conservateurs, précise Marc-André Bodet.

Les troupes conservatrices, qui mènent depuis quelque temps une campagne de séduction auprès des Québécois, ont devant eux une «occasion inespérée» de bien se positionner pour 2019, poursuit André Lamoureux. «Avec l’implosion du Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD) qui échoue complètement à se faire une place, ça ne peut que profiter à Andrew Scheer», juge le professeur de l’UQAM.

Le Bloc et le NPD à la traîne

Si le Bloc québécois et le NPD ont chacun représenté la circonscription dans les dernières années (2004 à 2011 pour le Bloc, et 2011 à 2015 pour le NPD), les candidats des deux partis sont actuellement à la traîne.

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Photo Simon Clark

Affaibli par la crise ayant mené au départ de la chef Martine Ouellet, le Bloc pointe en troisième place avec 8,7 % des intentions de vote. Le NPD reste en queue de peloton, à 6,2 %, après avoir recueilli 38 % d’appui en 2011 et 28 % en 2015 dans la circonscription.

«Même avec la déconfiture du Bloc, le NPD risque de redevenir le tiers parti qu’il était avant Jack Layton. C’est désastreux, ça ne fonctionne pas avec Jagmeet Singh au Québec», estime M. Lamoureux.

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Photo Pierre-Alexandre Maltais

Pour Marc-André Bodet, c’est tout le parti qui est en difficulté, et ce, à l’échelle canadienne. «La machine et l’image du NPD sont en mauvais état. Cela dépasse largement le chef et le Québec», analyse le spécialiste de l’Université Laval.