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Honte à Philippe Couillard

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Sous les libéraux, chaque fin de session se termine sur une nouvelle tuile lancée aux plus vulnérables d’entre nous. Celle-ci ne fait pas exception. Je vous parle des sans voix. De ceux que le gouvernement délaisse sans vergogne.

Je vous parle des personnes handicapées intellectuelles adultes et de leurs familles, pour celles qui en ont encore une. Comme en juin 2017, le même sujet revient. De nombreuses familles épuisées crient à l’aide dans le désert infini de la surdité entêtée des libéraux.

Leur demande est pourtant raisonnable. Que l’État accorde aux familles vivant avec leur enfant, sœur ou frère déficient adulte, le même soutien financier dont profitent les familles d’accueil subventionnées. Une aide supplémentaire minimale chiffrée à 13 000 $ par année.

Les familles naturelles, dont plusieurs femmes seules, en ont urgemment besoin. Reprendre son souffle coûte cher. Deux petits jours de répit coûtent de 130 $ à 150 $. Les camps, au moins 550 $/semaine. Le gardiennage, de 12 $ à 20 $/heure. Sans compter les soins spécialisés pour la personne handicapée.

Immoral

Or, pendant que les RI reçoivent plusieurs dizaines de milliers de dollars par année par résident handicapé, les familles doivent se contenter de l’aide sociale de leur enfant, sœur ou frère déficient adulte, à laquelle on ajoute quelques grenailles d’aide publique.

Cette semaine, le député caquiste François Paradis est revenu à la charge. Cette fois-ci, le scandale prend des proportions carrément immorales. Le 28 mai, les familles du regroupement Parents pour toujours ont reçu une lettre dévastatrice du bureau de Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation.

Alors que depuis un an, ces parents travaillaient ce même dossier avec son bureau, la lettre leur apprend qu’il sera transféré au ministère de la Famille ! Le tout, en fin de session et juste avant les élections. Aussi bien dire qu’il est envoyé aux calendes grecques.

Les parents se sentent trahis. Proche aidante de ma sœur déficiente, comme eux, je ne décolère pas. La ministre s’était pourtant engagée à « régler » ce dossier. C’était notre dernier espoir. Pouf ! Nous voilà disparus dans la fumée de cannabis – le seul dossier dont Mme Charlebois s’occupe vraiment.

Ministre ignare

Dans un reportage de TVA, la ministre pousse le mépris un cran plus loin. Aux familles naturelles, elle dit ceci : « Ça peut pas être la même chose qu’une famille d’accueil. Sinon, il faut qu’elles deviennent des familles d’accueil. Donc, avoir plusieurs personnes à leur charge et vivre avec les contraintes que ça impose. »

Vaut mieux être sourd que d’entendre des insanités pareilles­­­. Primo, les familles d’accueil, elles, ont des préposés payés par les fonds publics. Deuxio, des « contraintes », les familles naturelles en ont plein les bras. Plus encore même que dans les familles d’accueil. Ce que les familles naturelles demandent, c’est un soutien financier réel pour tenir le coup.

Lucie Charlebois n’est toutefois qu’une simple exécutante. Le vrai coupable d’un tel manque d’humanité est celui­­­ qui détient le vrai pouvoir : le premier ministre Philippe­­­­ Couillard. Honte à lui.