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Procès d'un policier: ses collègues croient qu’ils ne roulaient qu’à 80 km/h

Procès d'un policier: ses collègues croient qu’ils ne roulaient qu’à 80 km/h
Photo d'Archives, Chantal Poirier

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Des policiers affectés à la filature qui a coûté la vie à un enfant en 2014 estiment qu’ils roulaient à « environ 80 km/h » lorsque la collision mortelle est survenue, même s’il a été démontré que l’agent de la SQ accusé a atteint 134 km/h.

« À partir de la rue Avon, il n’y avait pas de circulation ou de piéton visible à au moins 500 mètres. En plus, il y a un terre-plein qui sépare le boulevard », a décrit le policier qui était à une centaine de mètres derrière Patrick Ouellet, un agent de surveillance de la Sûreté du Québec accusé de conduite dacngereuse causant la mort.

Une ordonnance du tribunal empêche d’identifier les deux agents qui ont témoigné pour la défense hier puisqu’ils sont toujours à l’emploi du corps policier.

Ils sont restés vagues sur la vitesse à laquelle ils circulaient, estimant qu’ils devaient rouler à environ 80 km/h et que l’écart est resté constant entre les trois véhicules.

Ils ont admis qu’ils pouvaient avoir roulé plus rapidement en tentant de rejoindre Robert Parent, un ancien directeur du Parti libéral du Québec enquêté par l’UPAC qui était leur « sujet » ce jour-là.

« Certainement pas à 150 km/h », a laissé tomber l’un d’eux.

Plus tôt durant le procès, il a été démontré que Patrick Ouellet a atteint une vitesse de 134 km/h avant la collision.

« En rattrapage, on ne regarde pas l’odomètre. Baisser les yeux, ce sont des fractions de seconde que l’on ne regarde pas devant soi », a expliqué l’autre policier qui était à 500 mètres devant Patrick Ouellet.

Les deux agents de filature qui l’accompagnaient ont affirmé que les conditions étaient « idéales » pour faire du rattrapage sur le boulevard Gaétan-Boucher le 13 février 2014.

nicolas thorne-belance
Procès d'un policier: ses collègues croient qu’ils ne roulaient qu’à 80 km/h
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Ouellet, un policier de 34 ans, avait percuté de plein fouet une voiture qui tentait de tourner vers le boulevard Davis. Nicholas Thorne-Belance, cinq ans, est décédé à la suite de la collision.

« Notre but était de reprendre le contrôle de notre sujet le plus rapidement possible », a rappelé l’agent qui était devant l’accusé.

Il savait que plus loin sur le boulevard, des arrêts et une zone scolaire limiteraient leurs possibilités.

Le policier a d’ailleurs vu la voiture de Ouellet de travers dans son rétroviseur après avoir franchi l’intersection du boulevard Davis.

L’agent de filature n’a jamais vu le véhicule de Mike Jude Belance, le père de la victime, au croisement, a-t-il témoigné.

Son collègue qui était derrière l’a aperçue en prenant de la vitesse depuis la rue Avon.

« Je ne me méfie pas, le feu est au vert pour nous et la Kia [Spectra] semble arrêtée ou du moins très au ralentie », a-t-il soutenu.

D’après le policier, la voiture s’est engagée vers le nord sur Davis dans un virage à gauche avant de « freiner » au centre des voies.

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Photo d’archives

Ouellet qui était tout juste devant, a frappé l’automobile après avoir tenté une manœuvre d’évitement, a-t-il détaillé.

Les policiers ont admis qu’ils avaient déjà enfreint le code de la sécurité routière avant l’accident en tournant en double sur un feu rouge à l’angle du boulevard Cousineau, sans gyrophares.

Ils ont aussi seulement décéléré à un arrêt obligatoire.

Des comportements normaux selon leur formation.

Le procès se poursuivra lundi prochain.

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