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Le désir, c’est sale

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Dans les suites du mouvement #MeToo, Netflix a entrepris d’imposer à ceux qui fréquentent ses tournages un nouveau code de conduite anti-harcèlement. L’objectif : sécuriser les plateaux pour que plus jamais une femme ne se sente menacée par un homme en y travaillant.

Sauf que les mesures mises de l’avant sont non seulement drastiques, elles sont délirantes.

Délire

J’en énumère certaines, rapportées par plusieurs journaux anglo-saxons et relayées par l’édition française du Vanity Fair.

Les employés ne pourront plus se regarder plus de cinq secondes. De même, ils ne pourront plus se draguer sur place. Ils ne pourront même plus se demander leur numéro de téléphone sans la permission d’un supérieur. Il faudra aussi avertir ses supérieurs si on voit un collègue accorder de l’attention non sollicitée à une autre collègue.

Résumons : l’amour, c’est sale. Le désir, c’est sale. Le sexe, c’est sale aussi. En voulant créer un environnement de travail sans aspérités, neutralisé, aseptisé, amidonné, on créera un monde étouffant et soumis au principe de la surveillance généralisée.

Il faudra voir en chaque collègue un prédateur et dans un sourire trop appuyé la première étape conduisant au viol. C’est le triomphe d’un puritanisme maniaque qui congèle la société.

Puritanisme

Le désir de l’homme pour la femme et de la femme pour l’homme est pourtant au cœur de la nature humaine. Il fonde l’humanité. Tout le travail de la culture consiste à le civiliser, à le mettre en forme sans l’anéantir. C’est le sens de la drague, de la séduction, de l’érotisme.

Chaque société ne le fait pas de la même manière. On ne se drague pas en France ou en Italie comme aux États-Unis ou au Québec.

Le harcèlement est fondamentalement inacceptable, tous en conviennent. Mais bannir en son nom la séduction, cela consiste à tout mélanger et, finalement, à soumettre la société à un modèle totalitaire.