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Le Sénat américain défie Trump sur le dossier ZTE

Tom Cotton
Photo AFP, Chip Somodevilla Tom Cotton, sénateur républicain.

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Le Sénat américain a rejeté lundi l’accord conclu entre l’administration de Donald Trump et le géant chinois des télécoms ZTE, une initiative née d’un rare effort commun entre élus républicains et démocrates qui a toutefois pour l’instant peu de chances de devenir loi.

Les sénateurs ont approuvé par 85 voix contre 10 la grande loi sur la Défense (NDAA), qui inclut cet amendement soutenu par plusieurs républicains, signe de la gronde provoquée dans son camp par la politique commerciale extérieure de Donald Trump, particulièrement ses relations avec la Chine.

Maintenant qu’il a été voté par le Sénat, le texte doit toutefois être harmonisé avec celui déjà adopté par la Chambre des représentants, qui n’incluait pas un tel amendement. Il devrait enfin être signé par le président républicain pour entrer en vigueur.

L’amendement du Sénat «interdirait à toutes les agences fédérales d’acheter tout type d’équipement ou de services venant de Huawei», autre groupe de télécoms chinois, «ZTE ou d’autres sociétés liées», explique l’un de ses promoteurs, le sénateur républicain Tom Cotton.

Le texte «interdirait également à toute entreprise américaine de recevoir de l’argent de contribuables américains, en subventions ou prêts, si elle utilise des produits de Huawei ou de ZTE. Enfin, notre amendement remettrait en place l’interdiction faite à ZTE d’acheter des biens et des services américains pour avoir enfreint nos lois», poursuit M. Cotton dans un communiqué.

«Nous nous réjouissons que les deux partis aient exprimé clairement que la protection des emplois américains et la sécurité nationale doivent être prioritaires à l’heure de conclure des accords avec des pays comme la Chine», a ajouté un autre républicain, Marco Rubio, qui a exhorté les élus de la Chambre à maintenir cet amendement dans la version finale du texte.

Washington avait interdit mi-avril toutes les ventes de composants électroniques américains à ZTE, accusé d’avoir violé des embargos contre l’Iran et la Corée du Nord.

Très dépendant pour sa téléphonie mobile des logiciels américains et de puces produites aux États-Unis, ce groupe, fer de lance du développement des infrastructures 5G en Chine, avait dû suspendre une grande partie de sa production et risquait de fermer.

Après d’épineuses négociations avec la Chine, Washington a annoncé le 7 juin un accord en vertu duquel ZTE, en contrepartie d’une levée des sanctions, devra s’acquitter notamment d’une amende d’un milliard de dollars.