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Pont Champlain : Ottawa refuse de spéculer sur l’impact de la grève des grutiers

Les grues du chantier du nouveau pont Champlain, à Montréal, dimanche le 17 juin 2018.
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY Les grues du chantier du nouveau pont Champlain, à Montréal, dimanche le 17 juin 2018.

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OTTAWA | Le gouvernement fédéral refuse de dire si des retards ou des coûts additionnels sont à prévoir sur le chantier du pont Champlain, paralysé lundi en raison de la grève des grutiers.

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«Chaque fois qu’il y a une grève ou un arrêt de travail, il y a toujours une inquiétude, mais il très, très tôt pour pouvoir en évaluer l’impact», a affirmé le ministre de l’Infrastructure, Amarjeet Sohi, avant la période de questions au Parlement.

Le ministre dit surveiller la situation de près avec le consortium chargé de la construction du pont, Signature sur le Saint-Laurent (SSL), ainsi qu’avec le gouvernement du Québec.

Jusqu’à maintenant, SSL n’a rapporté aucun problème avec l’échéancier, a indiqué M. Sohi, assurant que les travaux se termineraient comme prévu en décembre 2018.

Interpellé au sujet de l’impact financier de la grève des grutiers sur le chantier de 4,2 milliards $, le cabinet du ministre Sohi s’est encore une fois contenté de dire qu’il était «trop tôt pour se prononcer». Le projet a déjà connu en avril un dépassement de coûts de 235 millions $.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, s’en est tenu aux mêmes lignes de presse que son collègue de l’Infrastructure.

Vérificateur

L’échéancier de décembre 2018 a pourtant été mis en doute le mois dernier par le vérificateur général du Canada.

Le dernier rapport de Michael Ferguson jugeait «très ambitieuse» la date mise de l’avant par le gouvernement fédéral, rappelant notamment que des problèmes de transport et des modifications majeures au projet avaient déjà ralenti les travaux.

Alors que le mot d’ordre de grève complète a été donné lundi au Québec, les grutiers sont absents du chantier du pont Champlain depuis jeudi dernier. Selon les informations du «Journal de Montréal», 400 monteurs d’acier ont été renvoyés à la maison lundi, incapables de travailler.

Les grutiers s'opposent à un changement des règles concernant leur métier et qui favorisent l'arrivée sur le marché du travail de personnes n'ayant pas acquis une formation de grutier pour manœuvrer des camions-flèche de moins de 30 tonnes.

Les conservateurs ont demandé un règlement rapide du conflit de travail pour éviter tout retard et tout dépassement de coûts.

«Ce sont les contribuables qui seront obligés de payer les coûts supplémentaires», a souligné le porte-parole adjoint du parti en matière d’infrastructure, Joël Godin.