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La défense veut une libération après 25 ans pour Bissonnette

Les représentations sur la peine ont commencé lundi pour le tueur de la mosquée

Alexandre Bissonnette risque une peine cumulative de 150 ans de prison, ce qui serait la peine la plus lourde de l’histoire du Canada, pour avoir tué six pères de famille à la mosquée de Québec, le soir du 29 janvier 2017.
Photo d’archives Facebook Alexandre Bissonnette risque une peine cumulative de 150 ans de prison, ce qui serait la peine la plus lourde de l’histoire du Canada, pour avoir tué six pères de famille à la mosquée de Québec, le soir du 29 janvier 2017.

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Le délicat exercice visant à permettre au juge de déterminer la peine à imposer au meurtrier de la grande mosquée, Alexandre Bissonnette, a débuté lundi avec les arguments de la défense qui réclame que la possibilité d’une libération conditionnelle lui soit offerte après 25 ans.

En janvier 2017, Alexandre Bissonnette a pris la vie de six pères de famille et attenté à la vie de 40 autres personnes.

Un crime d’une telle ampleur se doit d’être sévèrement puni, mais la sentence ne doit pas non plus excéder ce qui est « humainement permis », estiment Me Charles-Olivier Gosselin et Me Jean-Claude Gingras qui représentent Bissonnette.

« Dans le système canadien, le châtiment exclut la notion de vengeance et il ne faut pas oublier qu’Alexandre Bissonnette va être condamné à la prison à perpétuité, ce qui veut dire que jusqu’à son dernier souffle, il sera sous le joug de l’autorité du service correctionnel », a rappelé d’entrée de jeu Me Gosselin.

Dans le cadre de ses plaidoiries, l’avocat a rappelé au juge François Huot qu’il était complètement faux de croire que les gens condamnés à la perpétuité obtenaient automatiquement une libération conditionnelle au bout de 25 années.

« Contrairement à l’idée reçue, le Canada incarcère très longtemps les gens condamnés pour meurtre au premier degré et, à preuve, en 2002, la moyenne d’années avant de pouvoir obtenir une libération était à 28,4 ans », a-t-il précisé.

« Réinsérer la personne »

Il a également rappelé que le but des services correctionnels était de « réinsérer la personne » et pas uniquement « de la détenir ». « La peine ne doit pas être une fin en soi », a ajouté Me Gosselin.

« Le côté humain »

L’avocat a également tenté de mettre de l’avant « le côté humain » de Bissonnette en rappelant au président du tribunal que non seulement le tueur n’avait pas visé d’enfants le soir du drame, mais qu’au surplus, il s’en était inquiété dans les heures suivant la tuerie.

« Les enfants sont un des éléments qui a fait que l’accusé a appelé le 911 après les événements », a-t-il soutenu.

« Rappelez-vous qu’il a longuement pleuré lors du témoignage de la fille d’Azzédine Soufiane », a-t-il plaidé en ajoutant que « les préjugés racistes n’étaient pas le moteur ni le mobile du crime, mais qu’ils ont aidé à rendre ce dernier acceptable » aux yeux de Bissonnette puisqu’il était convaincu que « grâce à son geste, il empêcherait des terroristes de s’en prendre à sa famille ».

Facteurs atténuants soulevés par la défense

  • Sans antécédents
  • Plaidoyer de culpabilité
  • Collaboration offerte aux policiers
  • État mental troublé au moment des faits
  • Il s’est lui-même dénoncé
  • Les remords et la honte qu’il a manifestés rapidement
  • Il a effectué une prise de conscience
  • Le risque de récidive varie de faible à modéré