/world/usa
Navigation

Trump défend la séparation des familles de migrants à la frontière

US President Donald Trump speaks at the National Federation of Independent Businesses
AFP

Coup d'oeil sur cet article

WASHINGTON | Le président américain Donald Trump a une nouvelle fois défendu mardi sa politique très controversée de séparation des familles de migrants, affirmant que c’était la seule option possible pour lutter efficacement contre l’immigration clandestine.

« Je ne veux pas que les enfants soient séparés de leurs parents », a-t-il assuré, avant d’ajouter: « Lorsque vous inculpez des parents pour entrée illégale dans le pays, ce qui doit être fait, vous devez séparer les enfants ».

Insistant sur la nécessité de lutter contre les passeurs qui « se jouent du système », le président américain a accusé les médias d’être complices de ces derniers.

« Nous ne voulons pas que les gens se déversent dans notre pays », a-t-il martelé. « Nous voulons qu’ils viennent suivant un processus légal et nous voulons, in fine, un système au mérite », a-t-il poursuivi.

« Ceux qui font une demande d’asile par la voie légale ne font l’objet d’aucune poursuite. Les « fake news media » n’en parlent jamais. Ils aident ces passeurs et ces trafiquants comme personne ne pourrait le croire », a-t-il ajouté, sans autres précisions.

Comme il le fait depuis plusieurs jours, le président américain a une nouvelle fois accusé les démocrates d’être responsables de la crise actuelle, jugeant qu’ils empêchaient toute réforme de l’immigration au Congrès.

« Modèle de civilisation » 

Depuis l’annonce de la politique américaine de « tolérance zéro » début mai, 2342 enfants et jeunes migrants ont été séparés de leurs familles (du 5 mai au 9 juin), selon les chiffres officiels.

Cet afflux découle directement de la décision de la Maison-Blanche de poursuivre désormais 100% des personnes franchissant sans papiers leur frontière avec le Mexique, qu’elles soient ou non accompagnée d’enfants.

Jusqu’à présent, si la loi était la même, les autorités choisissaient souvent de ne pas retenir les familles pour justement éviter cette situation, les enfants ne pouvant pas être incarcérés et devant donc être placés.

Cette nouvelle politique est « digne de la torture », selon l’ONG Amnesty International, « inadmissible » pour l’ONU, et dénoncée aussi par des dirigeants religieux américains influents auprès de l’électorat républicain.

Depuis la Maison-Blanche, les messages se contredisent parfois, certains responsables ayant clairement assumé leur volonté de « dissuader » ainsi les candidats à l’immigration tandis que d’autres affirment que la loi actuelle n’offre aucune alternative.

Donald Trump, lui, fluctue entre ces messages, se servant également de la crise migratoire en Europe pour convaincre des bienfaits de sa fermeté.

« C’est encore pire dans d’autres pays », a-t-il encore affirmé mardi.

L’Europe et les États-Unis n’ont pas le même « modèle de civilisation », a rétorqué mardi le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, dénonçant les images « choquantes » d’enfants séparés.