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La défense insiste: ne jugez pas un alcoolique à son choix de vie

L’avocat a demandé au jury de ne s’en tenir qu’aux faits rapportés devant la cour

Alexandre Gendron a été arrêté le 6 août 2015, lors de la découverte du corps de la victime de 29 ans, à Belœil.
Photo d’archives Alexandre Gendron a été arrêté le 6 août 2015, lors de la découverte du corps de la victime de 29 ans, à Belœil.

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SAINT-HYACINTHE | Il ne faut pas juger un alcoolique de Belœil, accusé du meurtre de sa conjointe enceinte de cinq mois, par rapport à ses choix de vie et son allure, a insisté l’avocat de la défense auprès du jury mardi.

« Vous l’avez vu témoigner, on dirait qu’il a une patate chaude dans la bouche et pourtant il est ben à jeun. Ce n’est pas l’individu le plus raffiné, mais il est comme il est », a plaidé Me Guy Quirion, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Son client Alexandre Gendron subit actuellement son procès pour le meurtre non prémédité de sa conjointe Cheryl Bau-Tremblay.

La jeune femme aurait été étranglée, le 1er août 2015, dans la résidence du couple, à Belœil, en Montérégie.

Alexandre Gendron aurait par la suite dissimulé le corps de sa conjointe dans un sac de couchage, sous le lit conjugal. La victime n’a été retrouvée que cinq jours plus tard.

Homicide involontaire

Dans ses observations finales, Me Quirion a rappelé au jury que la culpabilité de l’homme de 38 ans devait reposer seulement sur les faits et non sur le mode de vie de l’alcoolique, qui pouvait consommer jusqu’à 48 bières par jour.

« Vous devez juger M. Gendron pour le crime qu’il est accusé d’avoir commis, pas sur la personne qu’il est », a-t-il résumé.

Le criminaliste a martelé que son client n’avait jamais eu l’intention de tuer la femme de 29 ans, ce qui induirait un verdict d’homicide involontaire.

Lors de son témoignage, Gendron a répété qu’il aimait sa conjointe, que l’enfant qu’elle portait était désiré et qu’il n’était pas question de rupture, selon lui.

Plusieurs échanges de textos entre l’accusé et la victime semblent toutefois démontrer que Cheryl Bau-Tremblay avait donné un ultimatum à son conjoint alcoolique. Elle le quitterait s’il ne cessait pas de boire.

Cauchemar

Pour la Couronne, c’est plutôt la perspective d’une vie familiale détruite par une rupture qui aurait mené au meurtre de la victime.

« Tout ce qu’il construisait avec Cheryl depuis des années était en péril. Sa vie de rêve se transformait en cauchemar », a fait valoir Me Pierre Goulet.

D’après le procureur, l’accusé savait qu’il pourrait causer la mort de sa conjointe en la maîtrisant physiquement, même s’il avait bu entre 15 et 18 bières avant la chicane fatale.

« Il ne l’a pas réanimée parce qu’il “n’avait pas la tête à ça”. Est-ce qu’on peut conclure qu’il était indifférent que la mort s’ensuive ? », a demandé Me Goulet au jury.


Le jury commencera ses délibérations mercredi.