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Montréal idyllique

Bruncher dans la ruelle

Brunch – Les brunchs de ruelle entre voisins, ça tisse de vrais voisinages. Impossible de savoir combien il y s’en organise dans les centaines de ruelles vertes de la ville qui ont chacune leur propre micro-communauté avec groupe privé Facebook.
Photo courtoisie, Christophe Lavigne Brunch – Les brunchs de ruelle entre voisins, ça tisse de vrais voisinages. Impossible de savoir combien il y s’en organise dans les centaines de ruelles vertes de la ville qui ont chacune leur propre micro-communauté avec groupe privé Facebook.

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Hollin Hayward, une jeune Américaine, ne mesure pas sa chance. En échange à l’UQAM en 2016, l’étudiante en linguistique déniche une chambre dans un quartier abordable de l’Est près d’une ruelle verte où les enfants jouent et les voisins «brunchent» le samedi et prennent l’apéro. Résultat : elle veut dire adieu aux États-Unis pour faire sa vie ici.

Hollin – L’étudiante américaine Hollin Hayward a tellement aimé le voisinage du P’tit village Sicard qu’elle compte immigrer chez nous pour faire sa vie à Montréal.
Photo courtoisie, Janie Beauchamp
Hollin – L’étudiante américaine Hollin Hayward a tellement aimé le voisinage du P’tit village Sicard qu’elle compte immigrer chez nous pour faire sa vie à Montréal.

 

 

Souvent amalgamé à Hochelaga par un trait d’union, le quartier de Maisonneuve n’a pas la meilleure des réputations. L’extrême Est de la rue Sainte-Catherine s’anime parfois d’une prostitution misérable. Mais la ruelle verte appelée P’tit village Sicard, ouverte seulement à la circulation de ses propres habitants – vingt-quatre places de stationnement, ai-je compté, je dirais –, abrite en effet une sorte de «village».

Pour la jeune femme du Michigan, c’est un choc... pour le mieux. «J’étais surprise par cette ruelle fleurie pleine d’enfants qui jouent et de voisins qui socialisent en buvant du vin et en mangeant des fruits. J’avais hâte au vendredi pour le 5 à 7 des voisins.»

Aspirante Montréalaise

Hollin est depuis retournée aux États-Unis – temporairement – pour vivre avec son amoureux dont la fille adolescente termine là-bas le secondaire. «Un de mes buts est de m’installer ici» me raconte-t-elle lorsque je fais sa connaissance dans le P’tit village Sicard où elle a peaufiné son français maintenant presque parfait. Elle est ici en vacances : pour profiter des Francos et revoir sa ruelle chérie.

Je ne peux pas m’empêcher de lui dire : «Te rends-tu compte que la vie à Montréal ne ressemble pas toujours à ça?»

Life Size Cities – Par hasard et pour bonheur, l’excellente émission d’urbanisme international Life Size Cities était au P’tit village Sicard en même temps que moi samedi dernier. Cela donnera une visibilité mondiale à cette ruelle qui donne une image idyllique de Montréal.
Photo courtoisie, Louis-Philippe Messier
Life Size Cities – Par hasard et pour bonheur, l’excellente émission d’urbanisme international Life Size Cities était au P’tit village Sicard en même temps que moi samedi dernier. Cela donnera une visibilité mondiale à cette ruelle qui donne une image idyllique de Montréal.

 

 

Réputation internationale

Mon entretien avec Hollin samedi se fait interrompre par la réalisatrice d’une émission de télévision, Life Size Cities, venue filmer dans la ruelle où se déroule alors rien de moins qu’une fête pour enfants avec cirque et buffet. «Nous avons gagné un concours appelé Que ferais-tu avec 2000$ pour les enfants de ton quartier et voilà le résultat », m’explique Janie Beauchamp, l’organisatrice et celle chez qui Hollin logeait. Par ailleurs, la jeune Américaine sert d’interprète à Janie lors de son entrevue avec l’animateur Mikael Colville-Andersen dont l’équipe de tournage voyage: Medellin, Tel Aviv, Tokyo, Paris... et maintenant Montréal où, si j’en crois Éco-Quartier, en six ans, pas moins de 254 nouvelles ruelles vertes ont vu le jour. (Il y en a déjà une centaine juste à Rosemont.)

Pas tous les samedis, mais presque, Janie ou une autre voisine convoquent un brunch. Formule potluck. Chacun fournit sa spécialité : confiture, caramel, pain frais, etc. Une rallonge permet de brancher l’essentiel grille-pain. Une vingtaine de convives, plus les enfants, c’est charmant... Je suis un peu jaloux ; pas vous ? On peut comprendre Hollin de vouloir «passer au Nord».